Mardi, 23 novembre 2010

FRAIS DE SCOLARITÉ : C’EST ASSEZ !

Au Cégep du Vieux-Montréal, les activités scolaires sont paralysées jusqu’à jeudi. La direction de l’établissement a décrété un lock-out suite à une assemblée générale des quelque 1 000 étudiants qui ont décidé de manifester pour lutter contre la hausse des frais de scolarité.

 

Dimanche dernier, étudiants, professeurs et syndicats se sont réunis en vue d'un colloque sur la question qui se tiendra le 6 décembre prochain. Il regroupera plusieurs partenaires du milieu de l'éducation. La ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, devrait y être présente.  Au Québec, le débat entourant la hausse des frais de scolarité a de quoi susciter la grogne chez les étudiants. Certes, c’est ici que les frais sont les moins élevés en Amérique du Nord. Un argument toujours repris par le gouvernement libéral pour justifier sa décision de passer à l’action avant la fin de son mandat.

Mais ce que Jean Charest oublie de dire, c’est que le Québec est la province la plus taxée non seulement au pays, mais partout sur le continent nord-américain! En bout de ligne, l’étudiant ne fait que s’endetter.  La Fédération étudiante universitaire du Québec révèle que la moitié des étudiants inscrits à temps plein vivent avec moins de 12 200 $ par année. Or, si nous voulons permettre à des jeunes d’accéder à des postes en recherche et développement, d’assumer  une relève de qualité pour que nous puissions, nous les plus vieux,  vivre dans une société moderne et avancée à tous les points de vue, il faut que le gouvernement du Québec accepte de donner les outils nécessaires aux jeunes.

Ce n’est pas en les étouffant que nous, comme société, allons les encourager. Au contraire, plusieurs seront contraints d’abandonner leur rêve, et à très long terme, le Québec deviendra vulnérable et susceptible de faire face à une pénurie de professionnels dans tous les secteurs. Celui du médical est un bel exemple. Lorsque le Parti québécois a décidé de mettre à la retraite des milliers d’infirmières pour assurer son équilibre budgétaire, on voit maintenant les résultats. Voulons-nous la même chose dans les secteurs du droit, des sciences, de la médecine dentaire, de la haute technologie, de la finance et j’en passe? 

Au début de la prochaine décennie, devrons-nous penser à faire appel à des étrangers pour combler des postes vacants faute de candidats québécois? Depuis la proposition du ministre Bachand, c’est l’avenir de notre société qui est en jeu. Si Québec tient mordicus à hausser les frais de scolarité, alors il faut baisser de façon substantielle les impôts des familles qui doivent soutenir les étudiants. Le discours du « c’est au Québec que les frais de scolarité sont les moins élevés en Amérique » ne tient plus la route. Pourtant, M. Charest, la population vous a élu parce que vous aviez promis d’avoir les deux mains sur le volant. Force est de constater que ce n’est plus le cas!

CÉGEP VIEUX-MONTRÉAL

STATISTIQUES CANADA

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