L’émission « Enquête », à l’antenne de la télévision Radio-Canada, a montré dans le détail de quelle façon le premier ministre Stephen Harper s’y prend pour museler les médias. Surprise! Le problème n’est pas du côté de Harper.
TOUTE VÉRITÉ EST BONNE À DIRE
En
effet. Je résumerai en disant qu’il est grand, car nous sommes petits. Quand
j’utilise ici le nous, c’est en excluant bien sûr la personne qui écrit ces
lignes. Harper fait ce qu’il veut, parce qu’on le laisse agir à sa guise.
Dans ce documentaire de
Et de voir les journalistes se soumettre à la règle imposée par le patron. Non mais, faut-il être assez aplat-ventriste? Si j’étais correspondant parlementaire, au vu des caméras de mes collègues, je me dirigerais vers l’attaché de presse, je lui arracherais son fameux carnet et le balancerais à la tête de Harper en lui disant d’arrêter son cirque. Et s’il veut instaurer le Reich canadien, je lui rappellerai que nous sommes encore en démocratie et que les journalistes ne sont pas à sa solde, mais les courroies de transmission entre son administration et l’électorat.
Et n’y voyez pas dans ma remarque aucune trace de partisanerie. Que ce soit un libéral ou un conservateur, ce serait la même réaction, pour ma part. Au début, j’avais été séduit par un aspect de la personnalité de Harper, à savoir d’avoir été capable d’apprendre un français presque châtié dans un laps de temps assez court. C’était flatteur pour nous, les francophones. Mais quand on voit à quelle cause est mise cette intelligence, il y a de quoi craindre. La difficulté, avec Harper, n’est pas tant lui-même. Il s’empare de tous les leviers de commande. À son poste, je serais peut-être tenté de faire la même chose, entouré de tant de mous autour de moi. C’est la raison pour laquelle il faut se dresser contre toute forme d’autoritarisme. Le leadership, oui et c’est une denrée rare, même désirée par un large pan de la population. Mais Harper pousse le bouchon un peu fort. Qui se dressera sur sa route? Les paris sont ouverts! Entretemps, cessez de gémir, c’est vous qui lui laissez le champ libre.




