Grand débat que celui de l’échangeur Turcot, qui oppose le ministère des Transports et la Ville de Montréal. Permettez-moi d’aborder le sujet avec le recul de la citoyenne, plutôt qu’avec la loupe du journaliste. Du débat tel que le présentent les médias, je retiens trois aspects préoccupants...
LE PROJET DE VISU
À vue de nez, les maquettes que présentent les parties sur l’allure de l’échangeur en devenir révèlent une évidence désarmante. Celle du MTQ expose un nombre douteux de lacets entremêlés qui tentent désespérément de réconcilier les autoroutes concernées. Trouver son chemin du coup d’œil dans ce fouillis relève de l’exploit. On voit déjà poindre le spectre d’une ingénierie douteuse (comme celle du rond-point l’Acadie).
En revanche, la maquette de Montréal surprend par sa simplicité : quelques lisses fils routiers se lovant avec fluidité en un cercle bien rond. Voilà qui semble déjà plus rassurant pour se rendre à bon port sans risquer de se perdre dans un dédale de béton.
LES SOMMES EN JEU
L’un dit deux milliards, l’autre dit six. Qu’importe. On le sait, le montant final sera exorbitant et loin de l’estimation initiale qui elle, comprend rarement les impondérables et les pots de vin. On le sait aussi : on mise bas pour obtenir le contrat et quand on l’obtient, on trouve moult détails n’étant pas inclus dans le devis. C’est comme la rénovation chez soi. En prévoyant le double du montant soumissionné, on arrive à peu près au montant final. Brandir le coût comme argumentaire principal de justification d’un projet apparaît comme un faux débat et me laisse toujours l’impression d’une poudre aux yeux voilant des arguments moins solides.
LE FACTEUR TEMPS
Considérant les autres grands débats qui ont ici la fâcheuse tendance de perdurer ad nauseam sans réelle valeur ajoutée et avec peu de résultats concrets, une autre crainte se dessine. De combien de temps disposent nos élus pour conclure le débat et remplacer adéquatement l’échangeur Turcot qui, aux dires de plusieurs, menace de s’écrouler?







