Ce matin, toute ma rancœur se porte sur le parc Émilie-Gamelin derrière la station de métro Berri Uqam. Le portrait d’une ville gagnée par la déficience mentale.
D’abord, je veux me féliciter pour avoir été le premier avant tous les autres médias pour avoir dénoncé la chaleur accablante dans le métro et les autobus et réclamer une action concrète. Vous avez vu la réaction du président de la STM, Michel Labrecque, qui a dit sur les ondes du Téléjournal de Radio-Canada, que ce n’était pas possible? On s’en doutait bien. On n’est jamais capable de rien, maintenant, au Québec. C’est le royaume du non, de l’impuissance crasse. Alors crevez, bandes d’usagers. Et les gens sont drôles aussi.
Car dans les têtes, ça ne va pas bien. Je n’ai pas de statistiques provenant de la Fondation québécoise de la maladie mentale, mais j’observe qu’au Québec, mais surtout à Montréal, il y a de graves lacunes de comportements. Vous voyez comme moi plein de gens parler tout seuls, être remplis de tics, impatients chroniques, regards hargneux et quoi encore. C’est le comique Michel Mpambara qui avait dit, avant de fuir le Québec, qu’il était dangereux mentalement d’y rester trop longtemps. Et lui-même a été victime de dépression. La comédienne Marie-Josée Croze vit en France et ne lui parlez plus du Québec.
CAUSE PREMIÈRE : LA PEUR
Première cause d’aliénation nationale, la peur. Ça nous vient de l’Église catholique qui nous menaçait de tous les enfers et à qui il fallait continuellement demander la permission. L’ethnologue Serge Bouchard a souvent raconté que nous voulons éviter le conflit à tout prix que c’en est pathétique, genre laisse donc faire, ça va faire du trouble. Donc, nous refoulons continuellement notre véritable personnalité. Pour ma part, ma seule richesse ici bas est de pouvoir dire à quelqu’un ce qu’il est vraiment. Ou si je dois y aller mollo, j’ai trouvé des trucs pour que la personne sache bien ce que je pense réellement d’elle.
Mais il n’y a pas une semaine qui ne se passe sans qu’on me mette en garde : « Écoute Daniel, fais attention, je t’ai entendu parler de telle façon, ça ne se fait pas ». Et c’est ainsi que les peureux finissent par faire la loi. Je leur adresse cordialement un doigt d’honneur. Nous sommes un peuple totalement écrasé par notre propre faute. Et aucunement solidaire. En France, quand quelque chose ne va pas, c’est la mobilisation générale dans les heures qui suivent. Un jour, Nicolas Sarkozy avait voulu imposer l’abolition d’un certain nombre de privilèges aux chauffeurs de taxi. Le lendemain, les chauffeurs de taxis parisiens avaient bloqué toutes les voies d’accès de la capitale avec leurs voitures. Ça n’a pas été long qu’ils ont eu gain de cause.
RETOUR À BERRI UQAM
Eh bien mes peureux, mes ménages éclatés, mes consommateurs effrénés d’antidépresseurs, vous voulez voir ce que devient notre jeunesse? Allez au parc Émilie-Gamelin et dans le Village gay. On estime à quelques milliers, les jeunes et moins jeunes qui y errent, totalement perdus. En période de canicule ils ont un avantage, par contre, ils sont gelés. Blague à part, car ce n’est vraiment pas drôle. Et vous avez démissionné, cher public. Vous êtes là à critiquer que c’est dérangeant, ce triste spectacle. Mais ce sont les enfants dont vous ne vouliez plus vous occuper. Ces charmants enfants, dont vous souhaitiez tant la naissance. C’est si merveilleux, un poupon. Les aimez-vous vraiment? Conséquence, ils fument, se piquent, reniflent toutes sortes de substances. Beaucoup sont hypothéqués de manière irréversible au plan mental.
À la place Dupuis, les gardiens de sécurité ne savent plus où donner de la tête. Les itinérants sont légions dans le périmètre et demeurent la première vision des touristes qui arrivent par le Terminus central d’autobus. Quel beau spectacle leur offre-t-on en pâture. Dans le Village, l’idée de transformer un long tronçon de la rue Sainte-Catherine en mail piétonnier est une idée mignonne. Mais ça vire au cauchemar, du fait que ceux qui dînent en terrasse se font constamment quémander par des êtres obscurs qui n’ont d’humains que le nom.
Et ça fait peur. La solution n’est pas de les arrêter. Ça ne sert à rien, car tout recommence le lendemain. Non, il faut les retirer de la circulation et les conduire dans des centres de traitement de soins pour les plus amochés, et les autres récupérables, dans des colonies de rééducation, comme des fermes. Rien de tel que de traire une vache pour vous ramener à des réalités autrement plus heureuses.
DES POLICIERS ABSENTS
Quand des commerçants du coin ont alerté les autorités municipales, il y a quelques semaines, on a vu des policiers faire une ronde, deux ou trois jours durant, puis le cirque a repris. Hier, à 13 heures, je n’en revenais pas. Au parc Émilie-Gamelin, il y avait plein de transactions de produits illicites au grand jour et aucun policier aux environs. Pas même une voiture de l’Unité métro, dont le quartier général est en sous-sol à quelques mètres de là. Mais où sont-ils donc? C’est inadmissible.
Si j’étais maire, du jour au lendemain le ménage serait fait et de façon définitive. Mais pour l’instant, nous sommes dirigés par des mous et on voit ce que ça donne. Mais vous êtes bizarres. En même temps, vous déplorez le manque de leadership, et attendez passivement votre Messie. Mais quand se présente quelqu’un qui agit et qui ne demande pas votre avis, c’est automatiquement un dictateur.
Et à ce propos, je termine par cette réflexion. Quelle est la différence entre une dictature et une démocratie? Dans une dictature, on te dit tais-toi, dans une démocratie, cause toujours! Nous vivons en démocratie!
Les opinions exprimées sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de lametropole.com







J'ai une tante qui réside à l'étranger et quand elle vient à Montréal et qu'elle voit ce parc elle est toujours découragée et se demande que fait la Ville. C'est une plaie ouverte.
Sania
Ce district est infréquentable. C'est le marché de drogues à ciel ouvert avec la bénédiction des autorités. Nous on le voit et pas eux ?
Corinne S.
Dodo
Comment se fait-il que la Ville réussit encore à faire appliquer le règlement qui veuille que personne ne se trouve dans un parc passé minuit et est incapable de faire aplliquer le jour le réglement sur le flânage ?
Raymond E.
Geneviève
Denis Forest
J'adore prendre un bon repas à une terrasse avec les amis, mais j'évite toujours le Village pour ce que vuus avez raconté. C'est impossible de manger en paix, on se fait quêter aux cinq minutes.
Jeanne T.
Vous avez raison, la maladie mentale a gagné du terrain à Montréal.
Monsieur Henri
Le parc Émilie-Gamelin est jonché d'ordures. de sacs de coke, de fuckés de tout genre. C'est horrible. Une fois il y a avait un jeune complètement hors de lui, presque possédé qui vociférait dangereusement après le monde. J'ai appelé la police. Dix miutes après et aucune patrouille ne s'est présenté. Je suis parti en rage.
Montréal pourrait être déclarée ville socialement sinistrée.
Antoine Werner
J'ai pris l'habitude de vous lire et de vous écrire parfois, car vos opinions sont presque toujours pertinentes. Et particulièrement aujourd'hui. Je me demande ce que font les autorités. Les marchands du coin n'en peuvent plus. Au IGA de la Place Dupuis on a mis en place un système de sécurité pour contrer les vols à l'étalage. Et à cette même Place Dupuis c'est lc chasse aux êtres de tous genres. Quelle épreuve.
Vision Montréal
Danielle Gagnon
Je suis content que vous éleviez la voix contre ce qui se passe dans ce parc qui est comme un chancre dans la Ville. Je vous appuie, Montréal est livrée aux malades.
Maryse
Montréal est dans un triste état, elle agonise même.
Denis Clément
Je me plaît à vous imaginer en maire de Montréal!
Fantasme
Noémie
Je vis sur la rue Saint-André près de la rue Ontario. Le parc est sur ma route tous les jours. Je déprime rien qu'à voir. Et en passant je suis content que vous épingliez le président de la STM impuissant devant les problèmes de climatisation. Que fait-il là au juste ? Toucher son salaire ?
Clarence
J'ai 63 ans et toujours dans le domaine des affaires. J'évite Montréal pour cause du délabrement que j'y vois et l'impolitesse qui y règnent. L'indifférence de ses dirigeants se témoignent dans le constat du quotidien. En créant une augmentation des gens opprimés ou malade, c'est certainement plus facile de les tasser dans un coin et faire à sa tête. Même lorsqu'il y a des activités dont j'aimerais me rendre visiter, je m'abstient pour cause du dit délabrement et médiocrité.
Afin de réveiller les gens de leur léthargie, il serait urgent de lire : Réveiller le tigre de Peter Levine. Les Montréalais et les Montréalaises sont des peureux et le resteront longtemps. Quand aux corps policiers ils ne désirent pas travailler et sont très arrogants. C'est la même chose dans mon ancien quartier du Vieux-Rosemeon où certaines rues sont devenues des pépinières de piqueries. À l'époque, les policiers étaient furieux quand je les appelaient et sont mêmes devenus très friendly avec certaines familles louches qui traficotaient.
Violaine
Avant j'aimais bien aller me promener sur la rue Sainte-Catherine vers l'est, mais moi et ma femme on n'y va plus parce que tous ces gens qui quêtent, couchent devant des commerces nous mettent mal à l'aise.
Octogone
Toutes les villes ont leurs itinérants, mais ce que je vois à Montréal me dépasse, c'est pire, ce sont des malades mentaux en liberté.
Régine
Merci Diogène (commentaire) de résumer ma pensée.
et les junky qui quête pour de la drogue, volent pas de la bouf au IGA, ils ne mangent pas ou très peu, effet secondaire de leur consommation.