Vendredi, 8 juin 2012

GRANDE MANIF TOUT NU POUR LE GRAND PRIX

Autre moyen de pression des étudiants et citoyens qui ont décidé de se foutre à poil pour signifier la transparence de leurs revendications. J’y étais… habillé.

 

C’est une de mes connaissances, Lorraine, liée à l’organisation de la manifestation, qui m’a raconté comment le tout allait se dérouler. Quelle ne fut ma surprise, elle qui s’excitait à l’idée de cette nudité collective, de la voir surgir enrubanné jusqu’au cou avec des lunettes de soleil. Franchement. Et pour répondre aux voyeurs qui se seraient mordus les doigts de n’avoir pas pus y être, vous n’avez rien manqué. Sur une échelle de dix côté excitation j’accorde une note de 1,5.

Vous savez, il ne faut pas s’attendre à des miracles corporels côté grain de peau quand vous passez de long mois d’hiver habillé jusque là. Des peaux blanches il y en avait en majorité, et des chairs flasques aussi. Rien pour exciter les sens. Et sur les cinq cent manifestants, tous ne se sont pas mis totalement à poils. Le look des filles était d’avoir les seins nus avec des carrés rouges adhésifs qui cachaient les mamelons et elles gardaient leurs petites culottes. Pas des strings.

« NOUNE NE RECULERONS PAS »

On a distribué un trac sur lequel on pouvait lire avec amusement « noune ne reculerons pas ». Il y avait quelques gars audacieux qui ont tout enlevé et c’est à la surprise des badauds qu’on a pu voir des membres virils au repos, rassurez-vous. Le rassemblement avait lieu à 19h. 30 au Square Dorchester. Deux leaders ont d’abord harangué la foule présente et ont commencé le décompte pour que les gens se dévêtent, donnant l’exemple eux-mêmes en s’exhibant dans leur tenue de naissance, sous les applaudissements de la foule en joie. Puis tous ces joyeux lurons se sont mis en marche en direction de la rue Peel. Mais ils ont vite été refoulés avant de pouvoir arriver rue Sainte-Catherine. Car le mot d’ordre des forces de l’ordre était d’empêcher que les chahuteurs viennent semer le trouble sur la rue Crescent.

TOURNER EN ROND

Je n’entrerai pas dans le détail du circuit emprunté, mais ils ont beaucoup tourné en rond au centre-ville. Car les policiers faisaient souvent barrage. Et je me suis surpris à apostropher le teneur du drapeau rouge qui ouvrait la marche en lui disant à un moment donné de se diriger à gauche plutôt qu’à droite, de sorte de gagner du terrain vers l’Ouest de la ville. Car les militants, ai-je pu observer, avaient plus de mobilité que les policiers qui attendent toujours un ordre avant d’emprunter une direction donnée. Et ça marché!

On a réussi à semer les agents sur un bon bout de parcours. Mais ça n’a pas pris de temps que vous avez vu surgir d’autres renforts au pas de course. Je vous dirai que je commençais à m’ennuyer un peu. Rendu sur la rue Saint-Urbain il y a eu une échauffourée entre manifestants et policiers. Et si dans l’ensemble les policiers se sont assez bien comportés, il y a eu deux moments où je puis dire que ce sont les membres de l’anti-émeute qui ont été les provocateurs. A un moment donné ils ont plaqué au sol un manifestant court-vêtu et l’ont immobilisé avec quatre genoux dans le dos. Et durant cinq longues minutes ils ont vraiment rudoyé leur prise. De vrais malades.

Et aussi lorsque le défilé a emprunté McGill College pour s’arrêter devant le portail du campus de l’université McGill sur Sherbrooke, là ça brassé. Les policiers ont foncé sur les manifestants. Une fille membre des Black Blocks, très gentille, sentant la soupe chaude, m’a invité à me soustraire au groupe, car elle m’a dit que je risquais d’être pris dans une souricière. Et effectivement sur Sainte-Catherine, les agents ont attaqué avec des gaz lacrymogènes et des bombes assourdissantes. Leur but était de fractionner la masse des contestataires de sorte de les disperser. Je note au passage que les manifestants ont eu le loisir de pénétrer par la bande sur le site des Francofolies, perturbant le public qui écoutait un groupe.

Les maNufestants ont été rejoints bien avant par un autre groupe venant de la place Émilie-Gamelin. Selon les estimations approximatives, il devait bien y avoir au plus fort de la soirée d’hier entre 4 ou 5 mille manifestants. C’est la dispersion réussie par les autorités policières, et la pluie, qui ont refroidi l’ardeur des participants. Au retour à la maison j’ai vu le reportage sur l’arrivée des invités à la soirée prestige du Grand Prix. Et Gilbert Rozon plus fendant que jamais. Il en coûtait 1000$ le couvert, tandis que les étudiants sont couverts de dettes. Rozon ne s’est toujours mis en  tête pourquoi tout ce beau monde manifestait.

Et autre citation du trac de tantôt, les jeunes ont exprimé aussi leur indifférence aux partis politiques traditionnels, et je cite « Les seuls bons partis, sont nos parties génitales ». Qu’on se le tienne pour dit.

Cet article est classé sous :Manifestation
Seriez-vous un peu voyeur M. Rolland..........?

Big Jack - 8 juin 2012
Si Monsieur Rolland n'est pas voyeur...Moi je le suis ! !

Eric Carrier - 8 juin 2012
Monsieur Rolland
J'y étais moi aussi et habillé comme vous et vous avez très bien rendu le climat festif.

Éric Lachance - 8 juin 2012
Mon petit doigt me fait dire que les manifestants ne l'auront pas facile durant le Grand Prix. La sécurité sera hallucinante.

Carmen Sigouin - 8 juin 2012
Monsieur Rolland
J'ai regardé vos images et c'était réellement provocateur. Je ne me reconnais plus dans ce Québec de maintenant.

Michelle Cormier - 8 juin 2012
Monsieur Rolland
Je ne suis pas allé à la manif car je redoute la rage des policiers dans ces moments là, mais il me semble que votre compte-rendu est assez fidèle aux événements.

Réal Belhumeur - 8 juin 2012
C'est parce que je suis un peu complexée, sinon j'en aurais enlevé quelques couches pour la cause.

Monique Lavoie - 8 juin 2012
Monsieur Rolland
J'ai trouvé formidable ce regain de vigueur populaire dans no rues. Qu'ils ne lâchent pas.

Danielle Pouliot - 8 juin 2012
Je demeure trop loin et je ne pouvais me rendre, sinon j'y allais à poils aussi. Comme provocation on ne peut faire mieux.

Jacynthe Desmarchais - 8 juin 2012
Monsieur Rolland
Moi j'en ai assez de toute cette mascarade. Et qu'est-ce que ça va coûter tout ça en sécurité soir après soir ?

Alain Boudrias - 8 juin 2012
Le chf de police du SPVM, Michel Parent a it que durant le Grand Prix il allait mettre un policier à tous les coins de rues, autant dire un indien derrière chaque arbre. Quelle folie.

Paul Legendre - 8 juin 2012
Monsieur Rolland
Je suis ravi du traitement que vous et votre équipe avez fait de cette soirée. C'est comme si on y était.

Jules Jodoin - 8 juin 2012
Monsieur Rolland
Quelle soirée! J'ai vu passer les manifestants dans le plus simple appareil. C'était amusant comme tout de voir la gueule des touristes. Ils ont eu tout un show.

Andrée Dumontier - 8 juin 2012
Aux maNUfestations et aux casseroles, j'ajouterais des confettis de toutes sortes. Vive la fête contestataire !

UssTropicana - 8 juin 2012
Monsieur Rolland
C'est le début d'un temps nouveau comme la chanson de Renée Claude.

Patricia Bélisle - 8 juin 2012
Lâchez pas les étudiants.

Adeline Goulet - 8 juin 2012
j 'ai trouvé formidable ce regain de vigueur populaire dans no rues. Qu'ils ne lâchent pas.
vivre le quebec libre



Henry - 8 juin 2012
À ceux qui trouvent que ces dépenses de fous pour une telle sécurité, offertes à une entreprise privée par les payeurs de taxes, vous avez parfaitement raison!

Mais au lieu de chialer comme des huîtres effarouchées, plaignez-vous à Charest, c'est lui le responsable. Envoyez un mail ou une lettre à votre député Libérable et dites-lui ce que vous pensez. Si vous n'avez pas un tel pantin dans votre compté, écrivez directement à John James A/S de Desmarais, à Sagar.

Bref, allez plus loin que le chialage!

JackAnar - 8 juin 2012
Curieux cette manie de se foutre à poil pour protester contre l'utilisation du corps de la femme comme objet et d'utiliser son corps nue, faut-il le préciser, pour faire passer ce message???? Je ne comprends pas! J'écoutais quelques jeunes femmes qui se prépareraient pour la manifestation tenter d'expliquer aux journalistes la raison de la manifestation et je trouvais que ça faisait pitié... article 101 d'une manifestation connaître sa raison d'être. En passant la grande majorité des jeunes femmes contestataires que j'ai vu ne sont vraiment pas en forme et plusieurs font de l'embompoint c'est navrant. Enfin, je me demande si après toutes ces manifestations, ces messages, ces motifs nous les entendons toujours.

penelope - 8 juin 2012
Beaucoup de voyeur à ce que je lis.

À ce que je vois, je comprends qu'ils et qu'elles marchent, urgent besoin de remise en forme!

en forme - 8 juin 2012
Vu du bout du monde, c'est beau !
Est-ce le début d'une nouvelle ère ?
Ca me rapelle "Faites l'amour, pas la guerre !"
Bravo !
Dan'

Dany - 8 juin 2012
Au moins il y a un bon côté à toute ces manif! Ça fait marcher la jeunesse!! Donc si le gouvernement persiste dans son obstination, il pourra au moins se pêter les bretelles d'avoir sauvé, qui sait, quelques dollars en frais de santé...

Gizmo - 8 juin 2012
Cher Daniel,
je ne sais pas si vous avez la patience de lire tous les commentaires débiles qui vous
parviennent sur votre votre blog mais en ce qui me concerne je ne pourrais pas... la Métropole devrait faire un peu le tri des commentaires sensés des délires insignifiants. C'est à croire que certains sont payés pour écrire de telles âneries.
Je suis en Europe depuis quelques mois et malheureusement, j'évite de conseiller à mes amis de lire l'actualité sur la métropole car je sais ce qu'ils penseraient de certains commentaires...
Je me contente de les informer au mieux de ma connaissance politique du Québec et de lire leurs articles dans le Nouvel observateur ou Libération.

Louise Michel - 8 juin 2012
Nos jeunes d'aujourdhui

Devergonde - 8 juin 2012
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