Mardi, 9 mars 2010

ABITIBIBOWATER S'ENTEND AVEC SES EMPLOYÉS

Le géant canadien de la foresterie et du papier journal AbitibiBowater pourrait émerger de la protection de la cour contre ses créanciers d'ici l'automne, maintenant que son plus important syndicat a accepté des baisses de salaire historiques, afin de préserver les régimes de retraite de milliers d'employés et de retraités.

LaMetropole.com / PC
 
L'accord prévoit qu'environ 4000 travailleurs de 12 usines de pâtes et papiers d'AbitibiBowater au Québec, en Ontario et au Canada atlantique acceptent des baisses de salaire, les économies réalisées par l'entreprise montréalaise devant lui permettre de financer les régimes de retraite de ses employés actuels et de 8000 travailleurs à la retraite. Les membres du Syndicat des communications, de l'énergie et du papier (SCEP) devraient être appelés à entériner l'entente d'ici la fin du mois. Les autorités de réglementation du Québec et de l'Ontario devront également approuver l'accord.

L'entente est survenue après que la compagnie eut retiré sa proposition de liquider les régimes de retraite, ce qui aurait entraîné une réduction des prestations de retraite d'une moyenne de 25 %, a expliqué le syndicat. David Coles, président national du SCEP, a indiqué qu'AbitibiBowater demandait aux travailleurs d'accepter des concessions pour permettre à l'entreprise de demeurer viable. « Ça va être une pilule difficile à avaler, mais l'alternative est (pire) », a-t-il affirmé lundi lors d'un entretien.

Atteinte au terme de six mois de négociations, l'entente est difficile et historique pour le SCEP parce que le syndicat n'avait jamais jusqu'à présent « négocié à reculons », a ajouté M. Coles. Toutefois, la survie des régimes de retraite était en péril. Il s'agissait également de permettre à la compagnie insolvable d'émerger de la protection du tribunal contre ses créanciers. « Nos gars encaissent un coup, pour les retraités comme pour eux-mêmes », a affirmé M. Coles au sujet des employés d'AbitibiBowater. Les détails de l'entente de principe ne seront rendus publics qu'une fois que les travailleurs en auront pris connaissance. Des sources proches du dossier laissent cependant entendre que les baisses de salaire prévues sont similaires à celles de 10 % consenties par les employés de Kruger.

Selon l'analyste Richard Kelertas, de la firme Dundee Securities, la valeur totale des concessions pourrait atteindre le double de cette estimation. Mais si de telles réductions de coûts de main-d'oeuvre devaient ne pas voir le jour, AbitibiBowater pourrait être forcée d'arrêter des machines à papier additionnelles pour réduire sa capacité, a-t-il poursuivi. « Tout dépendant de l'entente finale, cela pourrait justifier l'arrêt permanent de quelques autres machines ». AbitibiBowater a déjà réduit sa capacité de façon importante, tout comme d'autres producteurs de son industrie.

M. Kelertas s'attend à ce que le premier producteur de papier journal en Amérique du Nord émerge de la protection de la cour contre ses créanciers en septembre. « Cela va au moins donner à Abitibi l'occasion de sortir de la protection contre la faillite et lui conférer une sorte de statut concurrentiel ». Le ministre québécois du Développement économique, Clément Gignac, a, pour sa part, vu un développement « favorable » dans l'entente conclue ce week-end. « Je suis quand même heureux de voir les développements en cours. Il y a encore loin de la coupe aux lèvres, évidemment, mais on travaille fort là-dessus », a-t-il noté.

AbitibiBowater, le plus important producteur de papier journal en Amérique du Nord, a demandé la protection de la cour contre ses créanciers au pays et aux États-Unis en avril dernier. Déjà aux prises avec une lourde dette, l'entreprise a fait face à une sérieuse baisse de la demande et des prix. AbitibiBowater, qui produit du papier journal, des papiers d'impression commerciale, de la pâte commerciale et des produits du bois, possède ou exploite 23 usines de pâtes et papiers, de même que 28 usines de produits du bois aux États-Unis, au Canada, au Royaume-Uni et en Corée du Sud.

Source : Ross Marowits
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