Samedi, 17 décembre 2011

L'ENDETTEMENT DES MÉNAGES EN HAUSSE

L'endettement des ménages canadiens est en hausse, selon Statistique Canada.

LaMetropole.com / PC
 

Les Canadiens continuent à empiler les dettes même s'ils ne cessent de s'appauvrir, a prévenu mardi Statistique Canada. La dette moyenne en proportion du revenu personnel disponible a grimpé à un taux inégalé de près de 153 pour cent au troisième trimestre, comparativement à 150,7 pour cent au trimestre précédent, a indiqué l'agence fédérale. La valeur nette des ménages a chuté de 2,1 pour cent, passant de 184 700 $ au deuxième trimestre à 180 100 $ au plus récent trimestre,

en raison de la baisse de la valeur des portefeuilles d'actions et des actifs de retraite. Il s'agit du recul le plus marqué à ce chapitre en près de trois ans. Statistique Canada a publié ces chiffres au lendemain d'un discours du gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney, dans lequel il faisait une nouvelle mise en garde le danger que représente l'endettement des ménages pour la croissance économique. Les Canadiens sont maintenant plus endettés que les Américains et les Britanniques, a souligné M. Carney, avant de prévenir que les consommateurs du pays doivent agir pour arrimer leur endettement à la modeste croissance de leurs revenus. L'endettement a augmenté environ deux fois plus rapidement que les revenus au cours du dernier trimestre.

Mais des analystes croient toutefois que la santé financière des ménages canadiens n'est pas nécessairement si mauvaise. "Ce n'est pas noir et blanc, a dit Benjamin Tal, économiste en chef pour Marchés mondiaux CIBC. L'augmentation des dettes provient essentiellement des prêts hypothécaires, et contrairement aux États-Unis avant le fiasco des hypothèques à risques, la proportion d'acheteurs canadiens considérés comme 'marginaux' est très petite." "Je n'ai rien contre les gens qui empruntent s'ils sont capables de rembourser et qu'ils ont de bons emplois (...) et qu'ils peuvent financer cette dette quand les taux (d'intérêt) augmentent."

À part les prêts hypothécaires, la plupart des autres formes de crédit comme les soldes de cartes de crédit non acquittés, les marges de crédit et les prêts à terme sont en recul, a souligné M. Tal. Pour sa part, l'économiste Doug Porter, de la Banque de Montréal, estime que les Canadiens agissent intelligemment. La Banque du Canada a abaissé les taux d'intérêt à des niveaux sans précédent pour permettre aux consommateurs et aux entreprises d'épauler l'économie en empruntant, a-t-il rappelé.

"Je ne veux pas dire qu'il n'y a rien d'inquiétant, mais est-ce que quelqu'un s'étonne réellement de voir les Canadiens emprunter autant? a-t-il demandé. Les incitations (à l'emprunt) sont évidentes et les gens ne font qu'y répondre." On s'inquiète surtout de constater que l'endettement augmente plus rapidement que les revenus, mais M. Porter rappelle qu'aucune règle stricte ne stipule quel niveau d'endettement est insoutenable. Les plus récentes données démontrent que l'endettement augmente en flèche depuis plus d'un an, passant de 1480 milliards $ au deuxième trimestre à 1595 milliards $ lors de la plus récente période.

Par ailleurs, en reculant pour un deuxième trimestre consécutif à 180 100 $, la valeur nette des ménages n'est que légèrement supérieure à celle du troisième trimestre de l'an dernier. En tenant compte de l'inflation, celle-ci a cependant reculé dans les 12 derniers mois. Ce recul s'explique en grande partie par le plongeon des marchés boursiers depuis la fin juillet, ce qui a non seulement réduit la valeur des investissements en valeurs mobilières des Canadiens, mais aussi dévalué leurs placements de retraite, a précisé Statistique Canada.

"Il s'agit de la plus forte baisse trimestrielle des cours boursiers et de la valeur nette des ménages par habitant depuis le quatrième trimestre de 2008", a noté l'agence. L'indice de référence de la Bourse de Toronto a dégringolé de 12 pour cent pendant le troisième trimestre. La valeur nette nationale, qui inclut les entreprises, a quant à elle augmenté d'un pour cent, pour se porter à 6500 milliards $.

Source: LaMetropole.com PC

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