Mardi, 15 juin 2010

« DRIVE END » AU MUSÉE DES BEAUX-ARTS

Martin Beauregard

Du 17 juin au 19 septembre 2010, dans le Carré d’art contemporain du pavillon Jean-Noël Desmarais, le Musée des beaux-arts de Montréal présente « Drive End », un projet photographique inédit de l’artiste québécois Martin Beauregard, dont c’est la toute première exposition personnelle dans un musée. L’entrée à l’exposition est libre en tout temps.

 

Un ciné‐parc transformé en cimetière d’automobiles. Un vieil homme aux rides hollywoodiennes et au chapeau de cow‐boy contemple le temps qui passe. Un écran vide luit dans le ciel crépusculaire au milieu de vieilles bagnoles rouillées. Un signe indique le lieu du ciné‐parc, Val‐d’Or. Les quatre images sont immenses, mesurant 3 m de hauteur sur plus de 7 m de largeur, et lumineuses comme s’il s’agissait de projections cinématographiques. Comme l’explique l’artiste, « l’installation offre simultanément différents points de vue sur ce territoire, à la fois visible et imaginaire, que suggère le contenu représentatif des images.

La mise en espace fait donc appel à l’idée d’ubiquité. Le dispositif permet aux spectateurs d’être présents dans plusieurs lieux à la fois ». Élégamment mises en scène et minutieusement composées par Beauregard, ces scènes donnent à voir la fin rêvée d’un monde, ou plutôt de deux mondes, comme le résume elliptiquement le titre, Drive End. Celui de la voiture parvenue au bout de la route, condamnée à finir en tas de ferraille, emportant avec elle tout un imaginaire de l’écrasement. Et celui du drive‐in, ces cinémas en plein air nés avec le développement de l’automobile et morts, ou presque, avec l’étalement urbain qui a fait exploser le coût des terrains, et surtout le développement du « cinéma‐maison ».

Sous ces images, c’est aux thèmes de l’obsolescence et de la migration que s’intéresse Beauregard. Obsolescence des technologies, comme le ciné‐parc ou l’automobile, qui emportent avec elles des modes de vie, des communautés, toute une culture, très nord‐américaine, du rapport à l’espace et à l’image. Migration physique, motorisée, et migration de l’image cinématographique qui, depuis son invention, s’est déplacée des théâtres aux cinémas et aux ciné‐parcs, puis aux écrans des téléviseurs et des ordinateurs, voire aux murs des musées. « Je m’intéresse à la migration du cinéma dans l’espace d’exposition d’art contemporain et aux rapports entre l’image fixe et l’image-mouvement, explique l’artiste. La cohésion du temps cinématographique et du temps photographique semble retenir la fin d’une histoire ou d’un monde, auxquels renvoient métaphoriquement l’iconographie de l’œuvre et de son titre Drive End ». Martin Beauregard est né à Ville‐Marie en 1978. Diplômé de l’École des beaux‐arts de Bordeaux, il poursuit actuellement des études de doctorat en recherche‐création, conjointement à l’Université de Paris 1 Panthéon‐Sorbonne et à l’Université du Québec à Montréal. Son travail a été exposé à Location One Gallery (New York, 2006), à L’Œil de poisson (Québec, 2006), au Asahi Art Square (Tokyo, 2005), et au CAPC musée d’art contemporain de Bordeaux (France, 2005).

Stéphane Aquin, conservateur de l’art contemporain au Musée des beaux‐arts de Montréal, est responsable de la présentation de Drive End.

DRIVE END
MARTIN BEAUREGARD
Du 17 juin au 19 septembre 2010
Musée des beaux-arts de Montréal
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