Le Alice au pays des merveilles de Tim Burton vous rappellera sans doute un peu Le monde de Narnia, Le seigneur des anneaux ou encore Harry Potter, mais vous devrez également compter sur la folie du célèbre réalisateur.
Si vous n'aviez pas deviné, cette Alice au pays des merveilles, de Lewis Carroll, n’est pas un reflet fidèle, mais plutôt un film produit grâce aux plus récentes technologies numériques. Le film doit moins à l’inconscience illogique des rêves qu’à la fabrication de chapeaux, où une seule taille peut convenir à tous. Ce n'est pas la première fois que Burton se frotte à cette façon de produire des films, La planète des singes étant un film particulièrement désastreux, mais Alice au pays des merveilles est heureusement plus réussi. Le film est plein d’esprit, enchanteur, original et personnel. Cela est évident dès la scène d’ouverture dans laquelle une jeune Alice, qui s’inquiète d’être folle en raison de ses rêves de lapins et de chenilles, est rassurée par son père, qui lui dit que toutes les bonnes personnes sont folles.
Les scènes de réception en plein air ne durent que le temps de jeter les bases de son retour dans le monde souterrain, où elle n’est plus une étrangère dans ces curieuses terres, mais une guerrière longtemps attendue qui, selon la prophétie, doit mettre un terme au règne de la sadique Reine rouge (Helena Bonham Carter). Le problème, comme lui explique le Chapelier Fou, c’est qu’elle a perdu de son « pouvoir ». Et sans lui, elle ne sera jamais capable de tuer le redouté Jabberwocky et remettre sur le trône la Reine blanche (Anne Hathaway). Si les aventures d'Alice lorsqu’elle était enfant consistaient à découvrir qui elle était, alors son retour consiste à savoir qui elle est à ses yeux et aux yeux de tous.
Pour ce qui est de Johnny Depp, il surfe allègrement sur le
frénétique personnage du Chapelier Fou, tout en suggérant une tristesse
persistante derrière ses yeux jaunes. De même, la séduisante Wasikowska vient à bout de cette
mystérieuse anarchie avec une force et une lucidité émotive, ancrant
les spectateurs dans la détresse que vit Alice dans ces deux univers.
Source : Canoe




