Lundi, 30 novembre 2015

ENTREVUE AVEC AMÉLIA COSIMANO

 


J’ai rencontré Amélia Cosimano au Salon du Livre de Montréal. Elle est Montréalaise et vient de publier Anna pour Annabelle, que j’ai eu beaucoup de plaisir à lire. Elle m’a accordé cette entrevue.  


RH – Est-ce « Anna pour Annabelle » votre premier roman?

AMÉLIA COSIMANO – C’est mon premier roman à être publié, oui! J’en suis très heureuse, parce que c’est un roman plein de jeunesse et d’enthousiasme. Son ton, que j’ai voulu absolument joyeux, représente bien le sentiment que je voulais communiquer pour cette première publication. C’est un roman d’insouciance et de naïveté.  

RH –  Depuis quand ressentez-vous l’envie de raconter des histoires ?

AMÉLIA COSIMANO – Depuis toute petite, vraiment. Déjà à sept ans, je racontais les histoires les plus interminables sur les princesses magiciennes, les gobelins et les grenouilles à grande bouche. Et j’exigeais que mon lectorat forcé m’écoute avec tout le sérieux du monde!  

RH – Comment définiriez-vous le genre de votre livre?

AMÉLIA COSIMANO – C’est un roman léger, sans prétention, facile à lire. Je crois qu’il s’inscrit principalement dans la lignée des romans « Chick lit », c’est-à-dire qu’il vise un public surtout féminin, dans un ton qui se veut comique et franc.  

RH – L’histoire est bien ficelée, avec beaucoup de rythme, il se passe tout le temps des choses. On a envie de lire votre livre d’un trait. Combien de temps vous a pris pour écrire ce premier roman?

AMÉLIA COSIMANO – Je dirais un an environ, mais j’avoue m’y être davantage consacré durant l’été, d’où les couleurs vives et la désinvolture, que je considère comme caractéristiques d’Anna pour Annabelle et qui ont une grande importance à mes yeux.  

RH – Vous êtes une portraitiste. Tous vos personnages sont réalistes; Annabelle est tout à fait une fille d’aujourd’hui : Un peu téméraire, assez inconsciente du danger comme pour se lancer sur les chemins de la vie sans préparation, et sans argent, confiante dans sa bonne étoile. Elle va suivre le premier venu qui lui offre un toit, mais il n’est pas question qu’elle lui cède en rien. Elle est intègre. Qui vous l’a inspirée?

AMÉLIA COSIMANO – Anna s’inspire de beaucoup de choses et de beaucoup de personnes. L’intégrité était en effet une part importante du personnage à mes yeux. Je l’ai imaginée sans malice. J’ai surtout tenté de créer un personnage entier qui soit attachant par son humanité, avec ses défauts et ses qualités. J’aime Anna pour ses défauts, parce que malgré sa constante insouciance, elle garde son cœur à découvert, sans méfiance.  

RH – Avez-vous prêté une partie de votre personnalité à Annabelle?

AMÉLIA COSIMANO – Je crois que oui. Même si nos personnalités ne correspondent pas sur beaucoup de points, il est impossible pour moi de ne pas insérer un peu de ma personnalité dans chacun de mes personnages. C’est automatique. On se rejoint surtout au niveau de l’attitude, à mon avis. Les discours qu’elle se tient à elle-même sont du même type que ceux que je m’adresse mentalement. L’autodérision d’Anna est aussi typique de ma propre personnalité. 



RH – Le milieu du théâtre que vous décrivez bien, le connaissez-vous d’expérience?

AMÉLIA COSIMANO – Pas d’expérience, non. Mes connaissances sur la question sont plutôt théoriques. J’ai principalement suivi des cours d’histoire du théâtre lors de mon Baccalauréat. J’ai une grande passion pour le théâtre. Il m’évoque un lieu de mystère et d’émotion.  

RH – Vous décrivez les personnages plus vieux : les grands-parents d’Annabelle, le directeur du théâtre, comme des personnes plutôt généreuses mais assez bornées. Est-ce la vision que les jeunes ont des vieux?

AMÉLIA COSIMANO – Je vous avoue que je n’avais pas vraiment vu les choses sous cet œil, en écrivant mon livre. Pour moi, les personnages plus âgés servaient à contrebalancer la naïveté et la légèreté d’Anna. Ils lui offrent un cadre et une structure, là où elle n’est que désinvolture. En y réfléchissant, je comprends comment cela a pu donner l’impression que ces personnages étaient bornés, puisque le livre est narré du point de vue d’Anna, qui ne partage que très peu leurs opinions. Je ne crois pas toutefois que c’est une opinion généralisée des « jeunes » sur les « vieux ». Ces personnages se voulaient davantage une présence aimante et rassurante.  

RH –  Le rapport de votre héroïne avec la nourriture est absolument désastreux. Ses amis plus âgés semblent mieux dotés. Aimez-vous cuisiner ou êtes-vous une fille de plats rapides et simples?

AMÉLIA COSIMANO – Je dirais plutôt de plats rapides, pour cause d’incompétence totale au niveau cuisine. J’adore manger. C’est quand vient le temps de préparer le repas que les choses se gâtent, en général, peu importe ma bonne volonté. C’est un bon exemple d’un aspect de la personnalité d’Anna que j’ai calqué sur la mienne. Je la voulais gourmande, mais très peu autonome, parce que c’est typique de sa personnalité. Elle est enthousiaste, mais maladroite.  

RH – Quel est votre rapport à l’écriture elle-même, est-ce une joie, une frénésie, ou une souffrance?

AMÉLIA COSIMANO – Une joie et une frénésie. J’écris constamment parce que je vois des histoires partout, à chaque coin de rue. Je note tout ce qui me passe par la tête et j’éprouve une sorte de soulagement à consigner mes idées sur papier.  

RH – Êtes-vous une romancière compulsive ou raisonnée?  

AMÉLIA COSIMANO – Compulsive. J’écris tout, tout le temps.  

RH – Quel est votre moment préféré pour l’écriture?
 
AMÉLIA COSIMANO – J’écris surtout dans l’après-midi. Je prends tout le matin pour me motiver mentalement et structurer mes idées et ainsi j’atteins une sorte de calme que je trouve parfait pour l’écriture.

RH –Certains auteurs ont besoin d’un environnement spécifique : un mur blanc ou la mer, un endroit brouillant comme un café ou au contraire un endroit tranquille et silencieux, et vous?

AMÉLIA COSIMANO – Un endroit tranquille, préférablement chez moi et seule. Dès qu’il y a du bruit, j’ai tendance à être distraite et moins inspirée.  

RH – Vous écrivez sur quel médium?

AMÉLIA COSIMANO – Sur l’ordinateur, principalement, mais dès qu’une idée me vient en tête, je la note sur absolument tout ce qui me vient sous la main: Post-it, signets, paquets de gomme en papier, etc. Après je les glisse toujours dans un livre quelconque de ma bibliothèque. Je dois avoir un millier de Post-it oubliés entre les pages d’un livre.  

RH – Avez-vous d’autres romans dans vos tiroirs?

AMÉLIA COSIMANO – Oui. Je me suis livrée à beaucoup de genres et de styles différents avant celui d’Anna pour Annabelle. Aucun n’a été encore publié, par contre!  

RH – Êtes-vous en train d’écrire votre prochain roman ou la suite de celui-ci?

AMÉLIA COSIMANO – Je crois que je serai toujours en train d’écrire un nouveau roman! C’est plus fort que moi. Présentement, je me consacre à ma Maîtrise en littérature à l’Université de Montréal, qui est en Recherche et création littéraire. Elle prendra la forme d’un roman et d’un essai, d’un style un peu plus «sérieux» que celui-ci, par contre.  

RH – Vous avez publié votre premier roman à compte d’auteur et vous avez pratiquement épuisé le tirage. Comment avez-vous trouvé l’expérience d’édition?

AMÉLIA COSIMANO – En fait, les Éditions de l’Apothéose ont participé à 50% du coût de publication de mes livres et je leur en suis très reconnaissante. Cela a été une vraie joie, pour moi, parce que je rêvais d’être publiée depuis toute jeune. C’est un accomplissement qui me rend très heureuse.  

RH –  Vous avez beaucoup de talent, et méritez de réussir comme femme de lettres. Merci de m’avoir accordé cette entrevue Amélia Cosimano

AMÉLIA COSIMANO – Merci à vous, cela a été un véritable plaisir.  

Commandez le livre Anna pour Annabelle, d’Amélia Cosimano sur le site des ÉDITIONS DE L’APOTHÉOSE ou sur commande en librairies. 
 
SAMY RABBAT
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