Malgré les menaces, l'équipement incendié et sa voiture emboutie, l'entrepreneur Paul Sauvé poursuit sa dénonciation de la corruption dans l'industrie de la construction et l'ingérence des politiciens, une situation qui n'existe pas qu'au Québec mais aussi à Ottawa, soutient-il dans un livre tout frais sorti des presses.
Malgré ses déclarations-choc, l'ouvrage de M. Sauvé comporte beaucoup d'allégations et de présomptions qui ne sont pas appuyées sur des faits. Il livre aussi ses analyses personnelles de l'industrie. L'État serait responsable de la présence du crime organisé dans l'industrie de la construction avance-t-il. "L'État est responsable de la présence de ce crime organisé-là. Il ne le réalise peut-être pas. Il contribue. (...) Il y a des jours que je ne comprends pas la différence entre le crime organisé et l'État. Pour moi, ça se ressemble et ça se confond", a-t-il expliqué en entrevue avec La Presse Canadienne.
Mais surtout, le réel problème selon lui est que le carcan administratif au Québec fait en sorte que la construction coûte beaucoup trop cher aux citoyens. Et puisque les complications administratives frustrent les entrepreneurs, ceux-ci recherchent des solutions et des passe-droits, ce qui amène la mafia à s'ingérer dans le système, juge-t-il. "Il y a tellement de rigidité que le crime organisé est, je dirais, invité à être présent parce qu'il aide les entreprises (...)".
Paul Sauvé avance que le gouvernement du Québec ne serait pas du tout intéressé à faire le ménage car le système profite aux politiciens. Et à leurs caisses électorales, puisque les entrepreneurs et les firmes de génie-conseil y contribuent généreusement pour se voir attribuer de lucratifs contrats. "Il est pratiquement impossible de faire de la grosse construction au Québec sans avoir de liens douteux à un niveau ou à un autre", écrit-il dans son livre-témoignage.
Mais la situation n'est pas unique au Québec, dit-il constater. "Avec le recul, je réalise que le système de corruption est tellement bien ficelé qu'on ne peut pas obtenir de contrat sur la colline parlementaire (à Ottawa) sans jouer le jeu. Si on ne le joue pas _ mon histoire en témoigne _ on fait faillite", poursuit-il dans son ouvrage, au sujet de son expérience liée au projet de rénovation de l'édifice de l'Ouest du Parlement. "Ottawa joue à plus catholique que le Pape. Il y a des passe-passe aussi à l'extérieur du Québec, des pots-de-vin (...) pour obtenir des contrats", a-t-il affirmé lors de l'entretien.
"Il faut être excessivement bien branché politiquement pour être capable d'opérer là-bas", a-t-il ajouté. Paul Sauvé et son entreprise de maçonnerie et de construction LM Sauvé se sont retrouvés sous les projecteurs l'an dernier dans le cadre du projet de l'édifice de l'Ouest qui a mal tourné. Le gouvernement a été accusé par l'opposition d'ingérence dans l'attribution de l'onéreux contrat et le ministre Christian Paradis alors responsable du portefeuille des Travaux publics s'est retrouvé dans l'eau chaude.
Paul Sauvé est alors venu témoigner en comité parlementaire où il a affirmé avoir payé 140 000$ à un organisateur du Parti conservateur, Gilles Varin, pour l'obtention d'un lucratif contrat de restauration à Ottawa. De l'argent aurait été remis à au moins un ministre et un sénateur conservateurs, rapporte M. Sauvé, qui lui-même répète les paroles de Gilles Varin. Le livre de M. Sauvé est évidemment dans l'air du temps alors qu'une commission d'enquête était réclamée à grands cris par l'opposition, soutenue par la population québécoise. Mais Paul Sauvé se défend de chercher à capitaliser sur la situation. Il affirme avoir écrit son livre pour que les autres ne subissent pas le même sort que lui.
Il dit laisser le soin à la police de trouver les coupables dans tout ce système corrompu. "En attendant, je me permets de livrer mon témoignage en guise de contribution à la lutte pour assainir les moeurs dans l'industrie de la construction", écrit-il. Paul Sauvé se dit conscient des conséquences que ses dénonciations peuvent avoir sur lui. "Ce que je crains à court terme ce sont les représailles, peut-être des groupes de crime organisé", déclare-t-il en entrevue. Il rappelle que l'une des grues sur l'un de ses chantiers a été incendiée, que sa fille a reçu des menaces au téléphone et que sa voiture a été emboutie à plusieurs reprises alors qu'il s'y trouvait.
L'entrepreneur qualifie l'enquête récemment déclenchée sur l'industrie de la construction par Jean Charest de "grand artifice" qui ne pourra régler des problèmes structurels de l'industrie. Il affirme qu'il faut se pencher sur le rôle des institutions qui réglementent l'industrie comme le Bureau des soumissions déposées du Québec (BSDQ), la Régie du bâtiment et la Commission de la construction du Québec (CCQ). Il croit qu'il faudrait dérèglementer l'industrie, voire abolir ces organismes. Aujourd'hui, M. Sauvé gère toujours des projets de construction et de maçonnerie, mais à l'extérieur du Québec.







abus de pouvoir de la part de la CCQ. Celle-ci nous avait envoyé un document nous
avisant que l'on devait un montant de $12 000.00 dollars, soit disant pour des heures
non déclarées a la CCQ pour des travaux effectués sur des chantiers de constructions.
Et comble de tout, ils nous donnaient 3 semaines pour régler si non des poursuites
seraient entamées contre nous.
Après avoir décidé de ne pas nous laisser faire et avoir consulté un avocat, le montant
final a débourser était de $900.00 dollars. On nous a fortement conseiller de payer
pour acheter la paix. Aucune justifications ou preuves qu'on devait ce montant ne nous
a été fournis. La morale de cette histoire c'est qu'au Québec on est coupable a preuve
du contraire.