David BoilyAvec l'accompagnement lointain des feux d'artifice hivernaux de Montréal en lumière, le « Theatre of Early Music » a donné, vendredi soir, à la Chapelle du Notre-Dame-de-Bon-Secours remplie à sa capacité, un concert dont la vedette attendue était Dame Emma Kirkby.
Le directeur du TEM, le haute-contre Daniel Taylor, présenta
affectueusement son amie et rappela quelques souvenirs de leur carrière
commune. Nous avons retrouvé, à 61 ans bientôt, la célèbre spécialiste
britannique de la musique ancienne, telle que nous l'avons toujours
connue au concert et au disque : souriant doucement sous son abondante
chevelure blonde, comme dans quelque tableau d'époque, et apportant une
voix petite mais claire, souple et juste à des textes et à des musiques
qui font manifestement partie de son être. L'oeuvre principale au programme était le célèbre Stabat Mater de
Pergolesi, dans l'adaptation de Bach.
Pergolesi, dont la brève existence de 26 ans s'inscrit au milieu de celle, beaucoup plus longue, de son illustre contemporain, reste un petit maître et l'on s'étonne que Bach s'y soit intéressé. Il a conservé les deux voix solistes et l'instrumentation originale, mais a remplacé le texte de Pergolesi par celui du Psaume 51, modifié le contrepoint, changé certaines valeurs de notes et coiffé le tout d'un nouveau titre. Détail intéressant, Kirkby, Taylor et le TEM ont enregistré l'oeuvre au Bon-Secours en 2006, sur un disque BIS qui vient de paraître.
Pergolesi, dont la brève existence de 26 ans s'inscrit au milieu de celle, beaucoup plus longue, de son illustre contemporain, reste un petit maître et l'on s'étonne que Bach s'y soit intéressé. Il a conservé les deux voix solistes et l'instrumentation originale, mais a remplacé le texte de Pergolesi par celui du Psaume 51, modifié le contrepoint, changé certaines valeurs de notes et coiffé le tout d'un nouveau titre. Détail intéressant, Kirkby, Taylor et le TEM ont enregistré l'oeuvre au Bon-Secours en 2006, sur un disque BIS qui vient de paraître.
Le TEM, qui est en fait un ensemble vocal et instrumental à géométrie variable, complétait son programme avec un Salve Regina, du même Pergolesi confié à la chanteuse, un air sacré de Schütz livré avec intériorité par Taylor, en voix lui aussi, et des pièces instrumentales de Fontana et de Schmelzer traduites avec une savante recherche de l'articulation baroque. DAME EMMA KIRKBY, soprano, DANIEL TAYLOR, haute-contre, et le Theatre of Early Music. Vendredi soir, Chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours. Dans le cadre du Festival Montréal en lumière.
Source : Claude Gingras




