Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, a dû défendre à plusieurs reprises, hier soir, l'intention du comité exécutif de permettre la transformation de l'édifice du 1420, boulevard Mont-Royal, situé sur le flanc du mont Royal, en immeuble à condominiums.
Pratiquement toute la période de questions du conseil municipal de Montréal a été consacrée à ce projet de l'Université de Montréal, qui n'attend que le O. K. de la Ville pour vendre l'ancien couvent Mont-Jésus-Marie à la firme Catania, qui projette de transformer l'édifice en complexe de condos de luxe. « Je n'ai pas subi de pressions de quelque nature que ce soit de la part du recteur [de l'UdM] ou de qui que ce soit », a indiqué le maire Tremblay, en réponse à une citoyenne qui remettait en question l'intégrité des élus sur cette question.
Au cours du conseil municipal d'hier soir, un courriel provenant d'un attaché politique de Richard Bergeron, Étienne Coutu, a circulé chez les élus, indiquant que le recteur de l'Université de Montréal, Luc Vinet, aurait « mis de la pression sur l'administration » pour s'assurer de conclure la vente à Catania.
Le maire Tremblay a rejeté ces accusations. Il a toutefois admis que le conseil d'administration de l'Université de Montréal avait envoyé une nouvelle lettre à la Ville, lui demandant de prendre une décision rapidement. Il a souligné que l'Université avait besoin des produits de la vente de l'ancien couvent pour aller de l'avant avec son projet d'École de santé publique. « On peut pas d'un côté dire qu'il y a de l'immobilisme à Montréal [...] et puis toujours s'opposer. [...Si on ne fait rien], on va se retrouver avec un édifice placardé », a-t-il mentionné.
LE NOUVEAU RECTEUR TRANCHERA
Le maire a toutefois indiqué que le conseil comptait attendre la décision du nouveau recteur de l'Université de Montréal, Guy Breton, avant de prendre une décision. Le nouveau recteur, qui a été élu hier soir, s'est déjà dit favorable à la vente de l'édifice à Catania. « On attend la lettre du futur recteur et si je ne reçois pas la lettre [avant la fin du conseil], on retirera le dossier », a promis le maire, qui a rappelé que le projet de Catania avait obtenu l'approbation de plusieurs conseils et comités consultatifs.
« DÉPECER LE MONT ROYAL »
La chef de l'opposition, Louise Harel, a accusé le maire de vouloir « dépecer » le mont Royal. « Va-t-on dépecer la montagne, projet après projet, en prétendant qu'ils sont au mérite bien acceptables? », a-t-elle demandé. Le chef de Projet Montréal, de son côté, s'est retrouvé dans une drôle de position, puisqu'il est le responsable du dossier de l'urbanisme au comité exécutif. « C'est moi qui ai souligné à mes collègues [du comité exécutif] qu'il fallait à tout le moins attendre », a-t-il plaidé, en ajoutant qu'il réussissait tranquillement à faire évoluer la position de la Ville sur la protection du mont Royal.
Le conseil municipal de Montréal se poursuit ce matin à 9 h 30.
Source : Mathieu Turbide






