Mercredi, 25 novembre 2009

UN VOILE POUR ACCOMODER LES SPORTIVES MUSULMANES

Indignée que cinq jeunes musulmanes aient été exclues d’un tournoi de taekwondo parce que leur voile contrevenait aux règlements, il y a deux ans, une Montréalaise a pris le taureau par les cornes en créant une cagoule sportive qui fait maintenant le tour du monde.

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En troisième année de design à l’Université de Montréal, Elham Seyed Javad a en effet créé une tunique qui permet de retenir et de cacher les cheveux. Grâce son invention, trois musulmanes ont pu participer à un tournoi de taekwondo, il y a deux semaines, pour la première fois depuis la controverse. « Elles ont gagné deux médailles d’or et une médaille d’argent. J’étais présente sur place et je pleurais de joie. Le lendemain, leur entraineur m’a envoyé un long courriel pour me remercier, m’expliquant que les filles étaient très heureuses », se rappelle-t-elle.

Ces dernières, éclaboussées par la controverse qui a éclaté pendant les discussions sur les accommodements raisonnables, refusent par ailleurs de revenir sur cette histoire. « Je les comprends. Vous savez, j’aurais agi de la même façon même si je n’étais pas musulmane. Je fais moi-même du sport et j’aurais été bouleversée si on m’avait interdit de pratiquer mon sport », explique la jeune femme dans la vingtaine, non-voilée.

DES PROPORTIONS GIGANTESQUES

Ce qui, au départ, devait se limiter à un projet d’école, prend maintenant des proportions gigantesques. Elham Seyed Javad est en effet en train de se chercher un fabricant et un distributeur pour sa cagoule, appelée « Resport », car la demande explose. « Je reçois des courriels de partout à propos de mon produit. L’Université de Montréal l’a présenté dans une salle d’exposition sur les produits d’hôpitaux aux États-Unis et plusieurs établissements se sont dit intéressés, car le gilet pourrait être utile d’un point de vue sanitaire », s’étonne-t-elle.

Des équipes sportives et des associations de femmes atteintes du cancer se sont également manifestées auprès de la jeune femme de 26 ans. « C’est pratique, même pour les garçons qui ont les cheveux longs. Mon produit va au-delà de sa première utilisation », souligne-t-elle. Elham Seyed Javad est la première étonnée de ce succès, mais se promet encore bien « des nuits blanches » pour réussir à aller plus loin avec sa création.


Source : Canoë
Cet article est classé sous :Accommodements raisonnables
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