Lundi, 18 juin 2012

DÉPECEUR DE MONTRÉAL: SOMMES-NOUS DEVENUS TROP INSENSIBLES?

Tout le monde est très étonné de l’horreur des actions de celui qui a été nommé le dépeceur de Montréal.

 
Plusieurs facteurs sont surprenants : l’audace de l’individu qui ose envoyer des morceaux de sa victime à des ministres et à d’autres personnes, le fait d’avoir découpé quelqu’un en morceaux, la violence et la souffrance infligée à un innocent qui était plutôt reconnu comme un individu tout à fait adéquat dans la communauté. Ce qui me frappe depuis un certain temps c’est qu’on a accès à des séries qui ont des éléments instructifs et dont les héros sont la plupart du temps sympathiques mais, au fur et à mesure que la série avance, le héros devient de plus en plus anormal.



Cela est une forme de désensibilisation aux actes criminels par un héros sympathique. Comme le faisait remarquer le cinéaste Igmar Bergman :« L’Art est libre et insolent » puis « Au public il faut lui donner du venin de plus en plus fort jusqu’à ce qu’il accepte n’importe quoi. » 


DOCTEUR HOUSE

Donc si on prend la série du Docteur House, au départ c’était un médecin qui avait une intelligence supérieure, un sens de l’observation remarquable et plusieurs manies désagréables mais qu’on pouvait lui pardonner à cause de ses succès.  Mais plus la série avance, plus ses manies deviennent soit infantiles comme voler systématiquement le sandwich de son meilleur ami d’une manière d’ailleurs vulgaire et sans raffinement, soit devenir drogué au point où il doit être arrêté par la police et, dans une des dernières émissions, il cassait le bol des toilettes, qui était tout neuf et qui venait d’être installé dans le bureau de la directrice de l’hôpital, à coups de masse.  On voit un individu qui aurait pu être une image de héros devenir petit à petit abject. 


DEXTER

Quant à la série Dexter, il s’agit d’un individu qui, tout en travaillant au service de police est lui-même un tueur en série.  Le fait que soi-disant les personnes qu’il tue l’ont bien mérité (pour que cela soit soutenu par une intrigue qui passionne), cela n’empêche pas que nous devenons de plus en plus insensibles à l’épanchement de sang et à la tuerie qui semble de plus en plus justifiés.   


LE MENTALISTE

Dans la série le Mentaliste, le héros est très sympathique au début : il utilise des petits trucs pas très graves pour arriver à ses fins et à retrouver un criminel. Puis peu à peu il devient criminel lui-même, il tue un individu en pensant que c’est un tueur qui a tué sa famille et petit à petit devient de plus en plus hors norme par rapport à la morale. 


« LIE TO ME »

Quant à la série extrêmement intéressante « Lie To Me », basée d’ailleurs sur  les découvertes scientifiques du docteur en psychologie clinique Paul Ekman individu connu et qui a aidé beaucoup par ses connaissances du non verbal pour détecter les mensonges, Le sympathique héro de la série nous apprend beaucoup pour démasquer les crimes et les fraudes.  Mais à un moment donné il veut faire mentir une de ses assistantes et lui donne une médication qui lui permettrait de passer le détecteur de mensonge sans que sa physiologie la dénonce.  On part donc d’un individu qui est un héros, basé sur des faits réels, qui dénonce les mensonges surtout quand il couvre des crimes pour finalement devenir mensonger lui-même.  

Ce qu’on ne réalise pas à travers toutes ces séries où les héros deviennent de plus en plus anormaux, c’est que cela nous habitue à la normaliser l’acceptation du crime qui devient banalisé : notre sens critique s’émousse peu à peu et on devient insensible.  C’est cette insensibilité qu’a voulu toucher le démembreur en sachant que beaucoup de personnes allaient s’intéresser à ses actes criminels et le rendre célèbres.  Il a donc osé mettre sur You Tube, ce qui devient une habitude de nos jours, son crime en défiant ainsi la société. Nombre de personnes qui ont regardé cette vidéo semblent justifier que ce qu’ils ont fait correspond à un besoin professionnel ou éducatif.

Que l’on se donne la justification qu’on le fait pour un métier de journaliste ou de psychiatre ou autre, le résultat est le même, l’individu croit à sa gloire à chaque click nouveau sur le site et cela semble donner raison au fait que cela provoque un intérêt manifeste chez toute personne. 

TOUTE TORTURE QUELLE

          QU'ELLE SOIT EST SOUFFRANTE

Ma recommandation personnelle serait que si vous n’avez pas encore vu ce film de ne pas le voir.  En effet, toute torture quelle qu’elle soit est souffrante, diminue la personne qui subit la torture et ce n’est pas en voyant des détails que cela va nous en apprendre plus.  D’ailleurs un organisme mondial qui a décrit les tortures dans certains pays pour arriver à élever notre niveau de conscience et à nous faire réagir a tout simplement servi à un des fils de Saddam Hussein qui avait l’habitude de torturer ses prisonniers d’essayer de nouvelles manières d’utiliser la torture. En d’autres mots, cela servait beaucoup plus à augmenter le niveau de torture qu’à en faire prendre conscience et vouloir le diminuer.

Les spécialistes de l’audio-visuel des séries ou de certains livres policiers semblent nous dire qu’il y a un jeu extrêmement intellectuel entre le tueur en série et le policier qui le poursuit et que ces individus sont d’une intelligence extrême et joue aux échecs avec les policiers sauf que les plombs de l’échiquier sont des individus qui meurt parfois dans des souffrances atroces.  Ceci ne correspond pas à la réalité de ce qui se passe.

Paul Bernardo et Karla Homolka

LES TUEURS EN SÉRIE

          NE S'INTÉRESSENT QU'À EUX

La plupart des tueurs en série ne s’intéressent qu’à eux, ne sont pas toujours intelligents même s’ils pensent comme Bernardo qui voulait aller violer aux États-Unis où le viol est puni de mort pour prouver qu’il était intouchable mais qui, comme on le sait, a été arrêté comme les autres.   Et, même le démembreur qui était considéré par docteur Chamberland, un expert reconnu de l’Institut Pinel, comme un individu extrêmement intelligent s’est fait prendre au bout de quelques semaines d’une manière très bête.

Donc, il faut s’enlever de l’esprit qu’il y a beaucoup à apprendre là-dedans et que cela nous renseigne sur l’être humain.  Parfois on indique qu’on peut arriver à comprendre les actes par une analyse psychologique très détaillée du type freudien mais cela est une invention de l’audio-visuel.  Habituellement les criminels s’intéressent à leurs besoins et fonctionnent à ce niveau-là.  Il n’est pas nécessaire d’embellir leur carrière par des motivations complexes. 

Cet article est classé sous :Édouard Beltrami Santé L'Opinion du Psy
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