Jeudi, 17 janvier 2013

HAVANE, RHUM ET PAILLETTES

La Havane est une ville étonnante où le temps semble s'être arrêté. Voici trois lieux mythiques à visiter lors de votre séjour dans la capitale cubaine.

 
La Havane, ville au riche patrimoine historique et culturel a fait rêver tant de gens au fil du temps. C’est avec comme seule référence Buena Vista Social Club et des bribes d’images d’un passage à la Havane durant mon enfance, que j’arrive dans la ville. Je marche dans ses rues les yeux grands ouverts, fascinée par les vitraux Art nouveau, les édifices Art déco et les bâtiments aux détails étonnants, quoiqu’un peu défraîchis, tous témoins d’une gloire passée. La Havane est fière, et belle. À travers tous ses trésors, voici trois lieux mythiques à découvrir.

EL FLORIDITA

Depuis déjà 196 ans, le bar el Floridita, a ouvert ses portes dans le brouhaha enivrant de la vieille Havane, d’abord sous le nom de « La Piña de Plata » et « La Florida ».  À travers le temps, il s’est taillé une solide réputation au niveau mondial. Déjà en 1953, il fut désigné comme étant l’un des 7 bars les plus célèbres au monde. Il fut donc, bien sûr, fréquenté par de nombreux intellectuels et personnalités publiques, dont le plus emblématique est sans doute l’écrivain Ernest Hemingway.

On rentre. Le petit bar est rempli de curieux venus voir cet endroit mythique et goûter à la spécialité: le daikiri à la lime. Un petit groupe de musique joue des airs cubains enveloppants. Je crois reconnaître une chanson découverte par hasard, vers mes 10 ans, en tombant sur un disque de Celia Cruz. À gauche, on voit une statue du grand Hemingway, accoté sur le bar. Rien de tel qu’un daikiri pour trouver l’inspiration, je suppose. On s’aventure dans la porte du fond et on découvre un restaurant circulaire, à l’allure plutôt chic, bordé de colonnes, de superbes grandes toiles et de draperies. On dirait presque un chapiteau de cirque. Un monsieur en veston et nœud papillon rouges nous accueille. Paraît-il que l’endroit offre de bons produits de la mer, mais le poulet n’avait certainement rien d’incroyable, je vous le déconseille. Le daikiri par contre, est à la hauteur de sa réputation. Un petit plaisir, l’équilibre parfait entre sucre, lime et rhum.

 

LA BODEGUITA DEL MEDIO

En sortant, une petite dame, toute menue, qui doit bien avoir dépassé les 75 ans, nous demande si on a du savon. Retour abrupte à la réalité. Je m’en veux, je n’ai vraiment rien d’utile sur moi, ni savon, ni dentifrice. Elle s’en va, le regard un peu perdu. Je reste pensive un moment en marchant en direction de la Bodeguita del Medio. Ce bar, ouvert depuis 1942 est lui aussi un incontournable de la ville. D’ailleurs on peut apercevoir son enseigne jaune dans de nombreuses toiles représentant la Havane. Encore une fois, Ernest Hemingway aurait fréquenté les lieux, tout comme de nombreuses personnalités, dont le poète chilien Pablo Neruda ou l’écrivain colombien Gabriel Garcia Marquez. C’est là que serait né le fameux mojito.

Je regarde ma montre. Je n’ai que 10 minutes devant moi, mais je ne peux m’en aller sans découvrir cet autre endroit mythique. Par chance, le bar n’est pas loin. J’accélère le pas sur la Calle Habana, puis, Calle Empedrado. J’arrive enfin. Le bar est petit et bondé. De toute évidence, je n’aurai pas le temps de goûter au mojito. Des images et des signatures de gens célèbres arborent les murs, les gens prennent des photos. J’emprunte un couloir en espérant en découvrir un peu plus.  Des petites salles avec des tables supposent qu’il y a un restaurant. J’apprendrai plus tard qu’on y sert une cuisine typiquement cubaine. Ce qui est impressionnant, c’est de regarder ces murs, entièrement recouverts de signatures. Des centaines, des milliers. On croirait entendre le bourdonnement de tous ces gens qui sont passés par ici. 


CABARET TROPICANA

Le soir, on découvre un incontournable de La Havane, chaudement recommandé par plusieurs voyageurs : le Tropicana. Présenté depuis 1939, c’est aujourd’hui une véritable institution de Cuba. Dehors, des néons « Tropicana 2013-1939 » annoncent qu’on approche. « Un peu kitsch », je me dis. On passe les portes. Les hommes reçoivent un cigare, les femmes une fleur. On arrive dans une immense cour intérieure, bordée d’arbres et parsemée de longues tables. On nous apporte une coupe de mousseux. La soirée s’annonce agréable.  

En attendant le spectacle, je regarde ma fleur, posée sur la table. Je fais quoi avec une fleur, moi? Ça me semble un peu cliché. Je veux cigare, au moins je pourrai l’offrir en cadeau. Je regarde mon amie et la convaincs de m’accompagner pour faire un échange. Une grande danseuse à la peau noire parfaite nous dit avec un fort accent cubain: « only for men ». Puis, comme voulant se débarrasser poliment nous, venues perturber l’ordre établi dans un monde immuable, elle répète: « only for men ». J’ai envie de lui dire que c’est sexiste, qu’on est en 2013, pas dans les années 50 et qu’une femme devrait pouvoir choisir entre un cigare et une fleur. Mais je me ravise. J’ai un peu honte, elle doit me prendre pour une de ces touristes qui passent leur temps à critiquer, ceux-là mêmes qui ne comprennent rien à ce qui se passe autour d’eux parce que, dans le fond, ils ne veulent pas admettre qu’un autre monde que le leur existe. Retourne t’asseoir et souris, c’est magnifique ici.

Les danseuses arrivent sur la scène latérale, puis sur la scène centrale. On nous amène du rhum et des boissons gazeuses, puis des chocolats et des petits nougats aux noix de cajou. Une musique entraînante et des couleurs vives créent un univers magnifique, où se promènent plumes, paillettes et grandes coiffes. On reconnaît des rythmes aux influences africaine et espagnole. D’une certaine façon, j’ai l’impression d’être dans un film avec Carmen Miranda, ou dans « Les trois caballeros », une superbe animation colorée de 1944. Je lève les yeux et observe les étoiles. À moins que ce soient elles qui nous observent...


INFOS PRATIQUES

Varadero-La Havane : 240km. Il faut compter un peu plus de 2h pour s’y rendre en autobus.

 

Taux de change

1 cuc (peso cubain convertible) = 0,98 $ CAN  en date du 16 janvier 2013

 

Bar El Floridita

Adresse : Calle Obispo, 557. Coin Monserrate

Heures d’ouvertures : 11h30-minuit

Prix d’un daikiri : 4 cuc

 

Bar La Bodeguita del Medio

Adresse : Calle Empredado, 207. Entre les rues San Ignacio et Cuba.

Heures d’ouvertures : 10h30-minuit

Prix d’un mojito: 5 cuc

 

Cabaret Tropicana

Le spectacle est présenté tous les jours, de 22h à minuit

Prix :

  • Entrée: 70 cuc, 80 cuc ou 90 cuc (selon les sièges et le repas). Petit conseil : privilégiez les places intermédiaires, elles sont très correctes. Également, sachez que le repas n’est pas fameux, vous pourrez certainement trouver mieux à proximité. 
  • Permission de prendre des photos : 5 cuc
  • Permission de filmer : 10 cuc

Le prix de base inclut: le spectacle, une coupe de mousseux, une bouteille de rhum pour 4 personnes avec boissons gazeuses et friandises.

 

Vous pensez aller à Varadero? Découvrez les trois lieux à ne pas manquer.

En collaboration avec Gabrielle Elliott

Source: La Métropole.com

VOYAGE AU PÉROU

BAR EL FLORIDITA

CABARET TROPICANA
 

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