Elle s’appelle l’Isle-aux-Grues, Tout le monde se connaît par son prénom. Et difficile de se perdre alors qu’il n’y a que deux routes pour parcourir les 5,6 kilomètres d’est en ouest et les 1,2 kilomètre du nord au sud.
En été, quand la saison touristique bat son plein, prévoyez d’arriver une heure d’avance pour réserver une place à votre véhicule. L'Isle-aux-Grues est le paradis des cyclistes, des photographes, des amants de la nature et des amateurs de l’ornithologie. Les aires de détente sont nombreuses pour admirer le fleuve et les paysages de cartes postales. Parmi vos activités, je vous propose d’emprunter le Chemin de la batture qui vous permet de vous rendre jusqu’à la barrière de l’Île-aux-Oies. Un chemin fortement accidenté à plusieurs endroits, mais qui vaut la peine d’inscrire à votre agenda.
Avant d’effectuer ce périple, informez-vous de la hauteur des marées. Un insulaire me racontait qu’un couple de touristes avait déjà été pris en souricière au beau milieu des eaux du fleuve. Les deux personnes n’ont eu d’autre choix que de se réfugier sur le toit de leur véhicule en attendant les secours. L’automobile fut une perte totale, mais heureusement le couple s’en est bien tiré. Le Chemin de la batture s’étend sur une distance de 7 kilomètres à l’intérieur duquel la faune et la flore locale règnent partout.
Au cours de la journée, j’ai photographié quelques kayakistes qui s’adonnaient à leur activité. J’étais situé au haut d’une falaise, entouré d’arbres, et le groupe était très loin de la rive. Grâce à mon téléobjectif, j’ai croqué la scène comme si j’étais à quelques mètres des embarcations. Pour les kayakistes, Il était impossible de m’apercevoir en raison de la distance trop éloignée. Le lendemain matin, pendant le petit déjeuner à l’auberge, à ma très grande surprise, ces mêmes kayakistes sont venus me voir pour me demander s’il était possible de leur faire parvenir les photos!
Je suis resté bouche bée et j’ai bien entendu acquiescé à leur demande. Toutefois, je ne saurai jamais de quelle façon ils ont appris que j’étais en train de prendre des photos, et de surcroît que je logeais à l’Auberge du Grand Héron. Cette anecdote m’a permis de comprendre à quel point les liens sont étroits entre les insulaires et que le moindre faux pas chez un habitant peut rapidement se savoir aux quatre coins de l’île.
À votre arrivée sur l’île, trois circuits sont proposés : le train-balade, le circuit libre « Sur les traces de Riopelle », et la route gourmande de l’Île-aux-Grues. En vous rendant au Musée du Grenier de l’île, l’histoire de l’Île-aux-Grues est décrite dans les moindres détails. Un documentaire sur le travail de l’artiste-peintre, Jean-Paul Riopelle, dans son domaine est projeté en boucle. Les touristes peuvent toujours se rendre sur les lieux de son ancienne demeure, mais sont tenus à bonne distance pour préserver l’intimité de la famille qui vit toujours dans la résidence.
MI-CARÊME
De mai à décembre, un service de traversier assure la liaison gratuitement au départ de Montmagny. En hiver, les insulaires sont coupés du continent. Seul, un monomoteur assure les déplacements et le transport des quelques écoliers. En cette saison, j’imagine que la vie comporte son lot de difficultés et que l’isolement représente un défi de taille. C’est un peu la raison pour laquelle la mi-carême représente encore de nos jours un événement fort important à célébrer chaque année durant la deuxième semaine de mars.
Ainsi, les insulaires revêtent des costumes de toutes les couleurs en prenant bien soin de ne pas être reconnus. Ce qui est loin d’être facile puisque tous les gens se connaissent et que le moindre geste propre à un insulaire peut le trahir. Les Gruois se déplacent ainsi dans une dizaine de maisons pour festoyer. Très populaire, la programmation offre des soirées animées aux visiteurs.
MAISON DU GRAND HÉRON
Elle est située à l’entrée de l’île, à quelques mètres du quai. L’auberge-restaurant dispose de quatre chambres au second étage, deux yourtes et bientôt deux tipis. Les propriétaires, Nicole Ferland et Gilles Tardif, ont eu le coup de foudre en débarquant la première fois à l’Île-aux-Grues. Depuis qu’ils sont bien installés, leur réputation ne cesse de grandir pour l’authenticité de la cuisine locale. Les pains sont faits maison, les fromages viennent de la fromagerie Coop Île-aux-Grues et l’esturgeon noir est pêché non loin de l’île.
D’ailleurs, ce poisson se retrouve aussi bien dans les
trios dégustation que dans le plat principal. Très bien apprêté et cuit à
point, l’esturgeon noir figure quotidiennement aussi bien menu qu’au P’tit
Marché de l’auberge où les touristes peuvent se procurer de l’esturgeon fumé,
des pâtés à l’esturgeon et de la mousse d’esturgeon fumé.






