Jeudi, 24 novembre 2011

LE ICLOUD D’APPLE: DU RÊVE À LA RÉALITÉ

Lors de sa dernière apparition publique, Steve Jobs avait présenté l’essentiel du iCloud, le système infonuagique grand public d’Apple.

 

En gros. Il s’agirait non seulement d’un lieu de stockage gratuit comme des milliers d’autres, mais d’un endroit où il serait notamment possible de placer sa musique, ses photos, ses agendas et ses contacts de sorte que leur synchronisation se ferait automatiquement dans les autres dispositifs (iBidules ou ordis) utilisés dans la maisonnée d’un client Apple, dispositifs bien entendu autorisés par Apple. Ô joie ! Qu’en est-il, cinq mois plus tard ? Je me suis amusé hier et ce matin à faire le tour de cet ensemble de services Web

et j’ai pu constater que tout n’avait pas été fait et que, dans leur état actuel, certaines fonctions n’arrivaient pas à me satisfaire. Pire, j’ai découvert que celle qui me semblait la plus intéressante, iTunes Match, pourrait ne pas être disponible au Canada avant la nuit des temps, gouvernement conservateur oblige.

CONTACTS ET AGENDA

Mais commençons par le plus utile, les contacts. Après avoir fait le nécessaire pour que mon ordi sous Mac OS X Lion soit configuré pour iCloud, une histoire de quelques clics vraiment pas compliquée (1), j’ai bricolé son fichier Contacts (2) et j’ai compris qu’il me l’avait pompé sur le Nuage en plus de se le garder localement. Puis, j’ai ouvert mon iPhone et, dans un premier temps, obéissant aux instructions d’Apple, j’ai utilisé la méthode habituelle de synchronisation, ce qui m’a donné deux fichiers « Contacts » identiques. Cela fait, j’ai commencé à modifier des noms, à en ajouter, à en rayer, dans mon iPhone. À chaque fois, le résultat de ces manœuvres est apparu quasi instantanément dans mon Mac. J’ai testé avec un iPad et je suis arrivé au même résultat. De toute beauté ! (3)

En ce qui concerne l’agenda, iCal, je suis arrivé aux mêmes conclusions. Ce qu’on ajoute comme info se synchronise sans histoire. La procédure utilisée pour que j’y parvienne a été la même que dans le cas des Contacts, soit celle qui est expliquée (en anglais) sur le site The Geek Center.

PHOTOS

C’est au niveau des photos que j’ai commencé à déchanter un tit-tit peu. J’avais compris que je pourrais publier sur iCloud ma bibliothèque iPhoto. Je vous parle de plus de 5 000 photos que j’ai confiées à ce logiciel depuis ses débuts il y a dix ans. Ainsi, d’autres dispositifs accrédités, p. ex. mon iPhone ou le iMac de ma blonde, y auraient accès et pourraient même ajouter des photos. Autrement dit, l’album familial serait sur le nuage d’Apple et la maisonnée pourrait y accéder à sa guise. Mais j’avais tort. Ce qu’il est possible de faire est autre chose. Ça se nomme Photo Stream et ça permet de stocker les 1000 dernières photos prises, jamais plus. 

Au bout d’un mois, la mise à jour se fait et les plus anciennes disparaissent. J’ai ainsi compris qu’il me faudrait oublier ce service pour tartiner d’un baume agréable les cœurs de ma maman et de ma belle-maman en leur montrant sur iPad les photos de famille stockées depuis des années dans iPhoto. Sniff sniff ! Remarquez, 1000 photos, ce n’est déjà pas si mal, mais, dans mon cas, ça ne convient pas. Et, tant qu’à râler, j’ajoute ne pas aimer l’attitude bête de Photo Stream. En son état actuel, on ne peut ni choisir les 1000 photos qu’on peut souffler sur le nuage, ni retirer celles que l’on ne veut pas y voir figurer. Ouin !

MUSIQUE

En ce qui a trait à la musique, je n’ai pas vraiment été impressionné non plus. La bonne nouvelle, c’est que le nouveau service permet de télécharger automatiquement les pièces que l’on achète au iTunes Store dans ses autres appareils accrédités. On peut même revenir en arrière et, en se servant du dossier de nos achats que conserve Apple, de tout les installer dans nos machines. La procédure n’est pas ce qu’Apple a fait de plus convivial dans son histoire, mais j’ai vu infiniment pire ailleurs. La mauvaise nouvelle, c’est que cette bénédiction appelée iTunes Match n’est pas disponible chez nous, contrairement à ce qui se passe aux États-Unis, ce que vient de me confirmer laconiquement ce matin Apple Canada.

Je vous rappelle que ce service à 25 $ par année permet d’avoir sur iCloud sa collection musicale jusqu’à concurrence de 25 000 titres. Seuls les fichiers musicaux représentant des œuvres qui ne figurent pas au répertoire des millions de pièces dont Apple dispose, seront téléversés dans le Nuage (p. ex. l’Oncle Marcel qui chante « Awignahan ») Toutes les autres, seront remplacées par la vraie pièce AAC dans toute sa splendeur, même s’il s’agit, localement, du résultat d’un exercice de piratage. Je vous jure !

Pour le professeur Michael Geist de l’Université d’Ottawa, un expert sur ces questions, il est même possible que ce service ne soit pas accessible chez nous à court ou moyen terme (cliquez sur ce lien pour avoir accès à son texte … en anglais). En gros, les lois canadienne et américaine sur les droits d’auteur sont différentes. Au Canada, on peut parler d’un bordel que les Conservateurs au pouvoir entendent modifier. C’est pourquoi ils ont re-déposé, le 29 septembre dernier, un projet de loi intitulé Loi sur la modernisation du droit d’auteur, projet de loi contesté, comme on le sait, par les milieux artistiques.

Malheureusement, ce projet ne prévoit rien qui puisse faciliter une interprétation acceptable (pour toutes les parties) de la philosophie que sous-tend la mise en service d’iTunes Match au Canada. Il va donc falloir s’armer de patience, sinon … aller se louer une adresse de téléchargement au Vermont.

Voilà pour mon séjour dans la grosse ouate mollassonne du iCloud.

(1) Apple l’explique très bien sur son site Web.
(2) Bricolé, parce que mon vrai fichier de contacts est sous Microsoft Outlook 2010 dans mon PC sous Windows 7. Maintenant que j’en ai fait l’aveu, lancez-moi des pierres !
(3) De quoi se débarrasser dudit Outlook !

Source : LaMetropole.com

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