Mardi, 17 juillet 2012

LE RACKET DU BIO

C’est à la mode, tout le monde se met au vert, au bio. Même les pires industries polluantes. On a même inventé un terme pour ce faire, le « green washing ». Un reportage choc démasque ces supercheries qui mettent en danger la santé des humains.

 
Depuis la semaine dernière, je découvre une nouvelle émission sur TV5 qui a pour nom « Cash investigation », animée par Élise Lucet. Elle est incroyable. Cette journaliste de métier n’a pas froid aux yeux. Elle est l’équivalent en jupons de notre propre blogueur, Daniel Rolland, dont on connaît la franchise qui tranche comme un couteau. La semaine dernière on dénonçait la « fabrication » de maladies par l’industrie pharmaceutique, prétexte pour écouler leur stock de cochonneries avec la bénédiction des médecins, qui passent à la caisse.

Cette semaine on démasque les compagnies qui ont entrepris le virage bio parce qu’elles savent que les individus attachent de plus en plus d’importance à l’environnement. Mais pour l’honnêteté de la démarche on repassera. Ce n’est que du maquillage peint en vert. Même la pétrolière BP, celle qui a pollué les rivages de la Louisiane, a changé son logo en ajoutant des éléments de verdure. Quelle hypocrisie.

LA POSE DE LABELS BIOS

Pour endormir la méfiance du consommateur, les compagnies, comme dans l’agroalimentaire, apposent diverses étiquettes certifiées bios. Que du bidon. L’équipe de reportage est allée voir une entreprise d’embouteillage d’eau minérale, Volvic, appartenant au géant Danone. On fait croire que la bouteille est biodégradable et qu’elle a des composantes végétales. On a d’abord menti sur la composante en éléments végétaux, et ensuite pour le biodégradable, on repassera. Il faudrait 400 ans pour qu’une telle bouteille se décompose dans la nature. À moins d’être patient.

Et Volvic, c’est une production de 4 millions de bouteilles… chaque jour! En ce moment, dans l’océan, on a inventé un nouveau terme, le sixième continent, car les résidus de plastique s’agglomèrent pour former une masse compacte à la surface de l’eau, équivalente à la superficie de quatre fois la France. Et qui endommage la nature sous-marine, car entre autres, les poissons gobent du plastique et meurent. Pris sur le fait, un responsable de la compagnie rétorque que le problème avec le biodégradable, c’est que ça ne se recycle pas. Quel faible argument à opposer à tant de pollution!


LE CRÉDIT AGRICOLE

Le Crédit agricole est une des grandes banques françaises. Et elle aussi s’est peinte en vert. Il y a même un directeur du développement durable qu’on est allé rencontrer. Et qui nous fait visiter un investissement porcin en Bretagne qui transforme le lisier en méthanol. Et on se vante d’être au cœur des préoccupations biologiques. L’ONG les Amis de la Terre a dénoncé le Crédit agricole comme étant un investisseur des pires entreprises polluantes, à commencer par les pétrolières. On rapporte le cas d’un investissement de la banque à hauteur de 700 millions d’euros dans un site de forage en pleine mer au Groenland. Quand on a mis ce fait sous le nez du directeur du développement durable de la banque, celui-ci n’a su que bredouiller.

Et croyant son micro fermé, il s’est éloigné en confirmant que c’était une erreur énorme de la banque d’investir là-dedans. Et en passant, le Crédit agricole, pour mousser sa mission de protection de la biosphère, a embauché nul autre que Sean « James Bond » Connery pour vanter ses mérites. On capitalise sur la respectabilité de la vedette. L’acteur a été payé un peu plus de 4 millions d’euros pour débiter 11 mots. Ça fait cher le mot… Vous apprendrez que le Crédit agricole a investi dans la pétrolière Suncor, qui fait quoi? L’exploitation des sables bitumineux de l’Alberta, le secteur le plus polluant au monde. Et non contente de ça, elle met également ses billes dans le charbon et le nucléaire.


LE JOLI PANDA QUI CACHE DES CHOSES

On connaît tous le panda, emblème de la WWF, la World Wildlife Fundation, qui veille à la protection de l’environnement et des espèces animales. L’équipe de Cash investigation nous en dévoile de bien bonnes à son propos. C’est que la WWF entreprend des partenariats avec des entreprises qui lui versent des fonds. Et qui se trouvent parmi les commanditaires de celle-ci? Coucou, le Crédit agricole. Quand on souligne au directeur pour la France de la WWF des investissements polluants de la banque, celui-ci veut mettre instantanément fin à l’entrevue et demande que la caméra ne tourne plus. Et un audit externe a lancé une alerte à la direction de la WWF : que ses copinages avec des entreprises du genre menacent sérieusement sa crédibilité.

L’ISR, UN LABEL PEU FIABLE

Par ailleurs cette enquête choc démasque l’ISR, les initiales de Investissement socialement responsable. C’est une agence qui autorise des compagnies à utiliser son logo de certification bio. Et l’ISR est aussi un cabinet qui, avec la complicité des… banques, propose des fonds d’investissements pour ceux qui souhaitent faire prospérer leurs avoirs auprès d’entreprises soucieuses du développement durable. Encore du chiqué, car Élise Lucet nous dit que l’ISR propose d’investir dans des pétrolières et des industries chimiques! Quand on met tout ça sous le nez du grand patron de l’ISR, il ne sait plus quoi dire. Il est complètement déculotté.

MÊME LE NUCLÉAIRE EST VERT

Areva c’est l’entreprise française paragouvernementale qui contrôle l’énergie nucléaire en France. Elle s’est offerte une pub de 15 millions d’euros, spectaculaire, pour proclamer que le nucléaire est une énergie verte. On passe ensuite au village de Mounana au Gabon, où Areva est présente. Le taux de radiation dans ce village atteint souvent 63 fois la dose de radioactivité normale. De sorte que les villageois sont victimes de maladies. C’est aussi désastreux qu’à Tchernobyl. Un enquêteur accompagné par le directeur de la filiale gabonaise d’Areva est allé lui montrer, compteur à la main, le volume de radiations.

Et vous savez quoi? Le cadre a feint de découvrir la chose pour la première fois. Enfin, le reportage se termine sur la bataille bien connue de Jeffrey Wigand, ex-chimiste d’une multinationale américaine du tabac, qui n’en pouvait plus de voir l’hypocrisie des géants du tabac qui niaient que la nicotine pouvait engendrer des accoutumances. Et qui mènera un dangereux combat contre elles. Au final elles se verront imposer la plus lourde amende jamais vue au pénal, 246 G$ à être versés à 40 États américains. Je vous met le lien de l’émission ci-dessous afin que vous ne manquiez pas ce reportage qui nous montre à quel point nous, du petit peuple, sommes manipulés gravement.

Je n'ai pas eu le loisir de visionner l'émission que vous avez eu l'amabilité de mettre à la fin de votre blogue, mais d'après le descriptif que vous en faites, s'avère passionnante. Je crois qu'on se fait avoir par bien des gens mal intentionnés et qu'il faut être sur nos gardes.

Angélique Cormier - 17 juillet 2012
Monsieur Maestro,
Je suis tombé de ma chaise. C'est fou ce qu'on essaie de nous leurrer par tous les moyens.

Ronald Francoeur - 17 juillet 2012
Monsieur Maestro,
Je ne connaissais pas cette émission et comptez sur moi je vais être rivée à l'écran car j'adore ces émissions qui lèvent le voile sur des aspects méconnus comme ici avec Enquête, J.E. et la Facture.

Diane Côté - 17 juillet 2012
Monsieur Maestro,
On exploite de façon éhontée l'intérêt qu'ont les gens pour le bio. C'est vraiment pervers.

Gilles Bigras - 17 juillet 2012
Ce qui est bien avec ces émissions c'est qu'elles rétablissent des vérités qu'on aiment bien connaître.

Carl Brûlotte - 17 juillet 2012
Monsieur Maestro,
Regardez seulement le coût des tomates dites bios, c'est du vol qualifié.

Roland Lafrenière - 17 juillet 2012
Et dire que notre mascotte le gentil panda est entaché par des magouilles d'une grande organisation de protection de l'environnement qui fait des choses toutes croches par en dessous. Qui croire maintenant ?

René Bertrand - 17 juillet 2012
Monsieur Maestro,
Je suis renversée de ce que j'ai vue ce matin. Je n'ai eu le temps que de visionner la première demie-heure mais que de révélations. Je dis comme vous qu'Élise Lucet est une journaliste super.

Jeanne Lussier - 17 juillet 2012
Cher éditeur,
J'aime bien les causes que vous défendez. Maintenant on a raison d'ouvrir grands les yeux et de ne pas gober tout ce qu,on essaie de nous vendre.

Mario D'Arcy - 17 juillet 2012
Je pense que le public ne sera pas au bout de ses surprises. On nous manipule tellement.

Aurèle Dagenais - 17 juillet 2012
Monsieur Maestro,
On a busé de l'étiquette bio. Je pense qu'on remet maintenant les pendules à l'heure.

Alain Desparrois - 17 juillet 2012
Excellent article! Merci de nous faire découvrir cette vidéo. Très percutant! Le pouvoir du label "vert" est tellement facile à exploiter!

Catherine - 17 juillet 2012
Cher Monsieur Maestro,
Je trouve que le public est vraiment berné.

Georges Durand - 17 juillet 2012
Ou seront ces gens lorsque l'eau potable sera aussi rares que les diamants, que l'air ne luttera plus contre la pollution car elle sera surchargée , quand la nourriture sera rationné pour tous? Peut-être se terreront-ils dans un abri confortable loin de tous. Mais à ce moment, leur fortune ne pèsera pas lourde dans leur solitude. Comme d'autres, ils vieilliront, verront des proches périr par leur faute et que leur restera-t-il? Des logos inutiles pour leur tenir compagnie!!!!

Lolita Leblanc - 17 juillet 2012
Nous sommes producteurs maraîcher bio certifié et je déplore que ces énormes industries poluantes utilise le mot "BIO" dans leur publicité. On achète pas le titre d'être bio, on doit s'impliquer, changer les façons de faire, respecter l'environnement, suivre les normes et être respectueux de la vie. Peut-être que les tomates sont un peu plus dispendieuses mais elles sont vivantes et le sol dans lequel elles ont grandi est encore vivant même après la cueillette.
C'est un choix de vie.

Pierre Legault - 17 juillet 2012
Quel documentaire. Si vous en voyez d'autres comme ça, signalez-nous le.

Annette Lussier - 17 juillet 2012
Moi ça ne m,étonne pas. Les entreprises sont d'une cupidité t'elles qu'elles feraient n'importe quoi pour prendre à l'hameçon les naïfs.

Roger Lévesque - 17 juillet 2012
Monsieur Maestro,
C'est une chance d'avoir des enquêteurs de ce niveau là sur le terrain. J'imagine les pressions qu'ils vont recevoir au cours des prochaines semaines.

Jean-Hugues Chartier - 17 juillet 2012
Monsieur Maestro
Votre chronique fait mon petit bonheur aujourd'hui. Que de tromperies pour faire plus de pognon.

Pierrette Lachance - 17 juillet 2012
Bonjour M.Maestro,

Merci pour votre intérêt au BIO.Certaines affirmations que vous faîtes sont vraies pour certaines compagnies.Mais ce n'est pas vrai pour Morinda Bioactives.Morinda Bioactives est une compagnie très respectable qui existe depuis 16 ans,basée sur des millions en recherches et qui changent beaucoup de vies pour le meilleur sur la planète.Pour infos:www.morinda.com/1492315 et vous regardez svp et surtout notre nouveau MAX.
Nous avons vraiment à coeur le bien-être des gens sur cette planète.
Bonne journée M.Maestro! :-))

Andreanne Robillard - 17 juillet 2012
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