Mardi, 6 mars 2012

LES MÉDIAS PROTÈGENT NOS VIEUX

Il y a des moments où je suis particulièrement heureux d’évoluer au sein d’un organe de presse. Comme lorsque l’on se porte à la défense de nos aînés pris en otage d’un système.

 
On ne le crie pas sur les toits, mais un autre de nos non-dits sociaux est la non rentabilité de nos aînés. C’est choquant. Aujourd’hui il faut que tout rapporte. La société a fait du fric son veau d’or. Vu sous cet angle, qu’est-ce que des vieux en résidence apportent comme contribution? Ils nous coûtent plutôt des sous. Cette courte vue a conduit aux horreurs que n’ont pas hésité à condamner de nos collègues des médias et nous-mêmes, à La Métropole. Parce qu’ils ne sont plus « productifs » on les traite comme des citoyens de seconde zone.

C’est tout le contraire des aînés dans d’autres civilisations comme en Asie et en Afrique où, dans ce dernier continent, un vieux est considéré comme une bibliothèque vivante de savoir et de sagesse. Ici, en Amérique du Nord, on ne sait que faire de quelqu’un du troisième âge. Ça va si vous avez encore un peu d’autonomie et de l’argent. Mais quand vous devez dépendre d’une assistance, même pour vos besoins intimes, là les administrateurs sortent tout de suite leur calculatrice pour rationaliser les dépenses au possible.

DU JELLO 365 JOURS PAR ANNÉE

Est-ce que ces gens bouffaient du Jello 365 jours par année durant leur vie active? Alors pourquoi devraient-ils se contenter de cette ration sucrée insignifiante et sans réelle valeur nutritive? Tout simplement par ce que ça coûte trois fois rien. Oh! là, là, on ne va tout de même pas commencer à leur servir des gâteaux au fromage. La nourriture est souvent insipide, peu variée. Côté hygiène personnelle, on passe vite l’éponge sur le corps et pour les dents, on vous les brossera une ou deux fois par semaine. C’est sordide. Est-ce là la récompense pour ces gens qui avaient souvent beaucoup plus de cœur au ventre que les générations qui ont suivi? 

VIGILANCE MÉDIATIQUE

Il y a des voix qui se sont élevées, notamment celles de proches de ces aînés en résidence qui nous ont alertés sur ces conditions indignes du respect que l’on doit accorder à ceux qui nous ont précédé dans la vie, et qui ont été des bâtisseurs du Québec moderne. C’est en multipliant les reportages sur des cas d’horreurs que Québec s’est senti obligé d’y voir en nommant des inspecteurs qui désormais débarqueront sans s’annoncer. C’est déjà ça de pris. Mais faut-il de ces contrôles possiblement punitifs pour nous obliger à mieux traiter nos gens âgés? N’y a-t-il pas en nous un minimum décent d’empathie qui nous permettrait d’adoucir leurs vieux jours et non leur rappeler que l’enfer est sur terre?

Plus que jamais les médias sont les chiens de garde de la démocratie. Nous sommes souvent votre ultime recours pour faire bouger les choses. Et c’est ainsi que nous nous sentons utiles.

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