Mercredi, 9 mai 2012

QUELQU'UN CONNAIT-IL L'ARRÊT FINAL?

par

Choisir d'embarquer dans le train croyant savoir où il s'en va ou pensant le savoir?

 

Moi qui pensais que le train était arrêté. Alors que je terminais, samedi dernier, d'écrire un texte concernant la grève, je lisais qu'une entente venait d'être conclue entre les étudiants et le gouvernement. Je l'ai donc laissé de côté, dans l'attente des votes des associations.  Aujourd'hui, non seulement la confusion règne toujours, mais la manifestation de ce matin a gardé la voiture de mon conjoint en otage, et lui s'est retrouvé derrière les chaines des portes barrées du Centre de commerce mondial.

UN GRAND CONVOI AVEC OU SANS ITINÉRAIRE?

De partout fusent des images, des commentaires, des blogs et diverses tribunes se font la guère des opinions pour ce débat ou peut-être combat qu’est le nôtre, depuis presque 90 jours. Certaines réflexions nous ont agressés, d’autres nous ont fait réfléchir. Entre la gratuité scolaire, la corruption, les taxes et les impôts, notre démocratie cherche sa place; on a évoqué les régimes capitalistes, socialistes et même communistes pour tenter de se repositionner. On a remis en cause les moyens utilisés pour revendiquer, on a félicité, critiqué et insulté, parfois. D’autres, en ont profité pour s'immiscer au sein des manifestations pour laisser libre court à leur besoin de violence, de fracasser des vitrines n'a pas suffi, on est aller jusqu’à faire subir des blessures aux gens.

Nous sommes désormais certains de passer à l’histoire. Outre ce débat social, des images et des vidéos de nos jeunes sont immortalisées, leurs enfants pourront les voir dans vingt ans, adultes à leur tour. Parmi eux, certains seront fiers, d’autres se questionneront. Certains étudiants ont réellement fait le choix de mettre en péril leur session pour la cause, d’autres se débattent pour la rattraper, alors que certains n’en subissent que les contrecoups sans avoir pris position. Les frais de scolarités ont servi de locomotive pour mettre en marche un grand convoi; en tête ceux qui se sont fixés un itinéraire, au centre ceux qui croient savoir où ils s’en vont, et à la toute fin ceux qui ont embarqué se disant « s’ils embarquent, je devrais embarquer », alors que les derniers auront été tirés par la main.

De la gare, familles et amis les saluent, ne sachant où ni quand le train s’arrêtera. Ce matin, il s'est arrêté sans qu'aucun passager n'en descende. Pourtant il devra s'arrêter. Quand, comment, est-ce qu'il y a quelqu'un qui le sait? Est-ce que l'on a encore un itinéraire?

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