Mardi, 7 février 2012

GRATUITÉ DE LA SCOLARITÉ POUR TOUS

On parle de l’endettement effarant des Canadiens, mais notre système de scolarité, surtout au stade universitaire, n’aide pas la cause. En bout de piste, les jeunes diplômés sortent des études, hypothéqués pour des années.

 

Je me souviens d’une soirée délicieuse en compagnie d’une ancienne collaboratrice à la Butte Saint-Jacques, où je fus directeur artistique. On parlait de tout et de rien. Et cette étudiante en musique avec étude complémentaire en langue portugaise me confiait que sa situation financière était assez mal en point et qu’elle cherchait coûte que coûte un boulot suffisamment rémunérateur pour commencer à pouvoir éponger ses dettes. Je lui posai la question : «Il est à quel niveau cet endettement?»

Et elle me répondit 30 000 $. J’ai failli échapper mon morceau de turbot. Non, mais pensez-y. Elle avait vingt-deux ans et déjà cette chape de plomb sur ses frêles épaules. Et il lui fallait des sous pour voir venir. C’est ainsi qu’elle servait de modèle à des futurs gynécologues en faculté de médecine, en exposant son «mystère féminin» pour 80$ la séance. N’importe quoi pour au moins se payer un Kraft dinner.

Je me souviens aussi de ce jeune dentiste qui en avait pour au moins 80 000 $ sur le dos. Sans compter l’équipement à se procurer à crédit pour démarrer dans le métier. Disons que dans son cas je versais moins de larmes, car avec le fric fou qu’ils font, sa dette allait être résorbée dans le temps de le dire. C’est pourquoi au moment où les étudiants manifestent contre les hausses de frais de scolarité pendant que les policiers leur tapent dessus, moi je dis qu’on devrait éliminer tous les frais de scolarité. L’éducation accessible gratuitement et pour tous.

MOINS AUX GROS BRAS

              ET PLUS AUX GROSSES TÊTES

Vous me direz, où trouverez-vous l’argent pour entretenir notre réseau collégial et universitaire? D’abord qu’on gère la province convenablement et qu’on en donne moins aux entrepreneurs en construction. Moins aux gros bras et plus aux grosses têtes. En France, l’université est gratuite. Beaucoup d’étudiants vivent là-bas chez leurs parents, qui déboursent pour les frais connexes, gîte, couvert, vêtements et petite allocation de dépenses. Pour le reste, les jeunes ont le devoir de bosser pour leurs études.

Ils n’ont pas, comme ici, à faire des quinze et vingt heures dans des commerces ou des entreprises pour payer leur ordinaire. Tout ce temps à travailler c’est du temps en moins pour l’assimilation des connaissances. C’est esquintant, travailler chez McDo à servir l’Angus fromage suisse et champignons à des gloutons qui vous gobent ça en deux minutes, soit une minute et trente-cinq de plus que le temps que ça vous a pris pour le préparer. Plus aliénant que ça tu meurs.

UN INVESTISSEMENT POUR LE FUTUR

Offrir la gratuité aux jeunes c’est investir sur eux. On en sera tous gagnants pour le futur. Et comme me le faisait remarquer notre éditeur avec pertinence, il faudra par contre que ces étudiants s’engagent à exercer leur profession un minimum de temps au Québec, disons cinq ans, et non de fuir à nos frais aux États-Unis, diplôme en poche. Ils redonneront ainsi à la société québécoise ce qu’ils ont reçu. On en finirait pour de bon avec ces requêtes incessantes et légitimes de nos étudiants qui n’en peuvent plus de courir deux lièvres à la fois, le fric et le savoir.

LES OPINIONS EXPRIMÉES SONT CELLES DE L'AUTEUR ET NE REFLÈTENT PAS NÉCESSAIREMENT CELLES DE  LaMetropole.com

M. Rolland,

Voila un debat que plusieurs tente de regler. Mais laissez-moi vous apporter un petit point supplementaire a propos de cette universite gratuite en France. Premierement, les bibliotheque des Universites francaises sont aussi volumineuses et garnies qu'un placard a balais. Deuxiemement, les laboratoires sont pourvues des outils de pointes des annees 80, sans pour autant en avoir assez pour fournir plus de 5 eleves. Regardez le nombre de francais venant etudier au Quebec et vous verrez qu'il y a peut-etre un probleme avec la scolarite gratuite. je ne sais pas quels etudes a fait votre connaissance, mais pour un endettement de 30000$ en ayant travailler un temps soit peu, vivant modestement et avec les differentes bourse et prets etudiants, il s'agit soit d'un domaine ou le salaire sera eleve, soit qu'une de mes mention, sinon plusieurs, n'ont pas ete utiliser...
Smouthly - 7 février 2012
M. Rolland
C'est vrai ce que vous écrivez, comment peut-on envisager un futur agréable quand on démarre hypothéqué à ce point ?
Denis Genest - 7 février 2012
Monsieur Rolland
J'ai dix-huit mille dollars à rembourser à l'État. Si les études étaient gratuites je n'aurais pas ce fardeau.
Paul Lapointe - 7 février 2012
C'est une excellente idée qui permettra que les étudiants puissent se consacrer totalement à leurs études sans être obligés de travailler en plus.
Yannick Lamonagne - 7 février 2012
C'est drôle je pensais à ça pas plus tard qu'hier. Je pense que ce serait une très belle solution pour tout.
Jeannine Lupien - 7 février 2012
Ma nièce est en deuxième année du bac en ingénierie forestière, et elle en a pour dix mille dollars à devoir.
Yves Lamonde - 7 février 2012
Moi je ne suis pas d'accord pour la gratuité totale car si les jeunes ne se responsabilisent pas, car tout cuit dans le bec, qu'est-ce que ça va donner.
Danielle Maisonneuve - 7 février 2012
Monsieur Rolland
Je partage entièrement votre point de vue. Qu'on cesse donc de gaspiller ailleurs et qu'on en consacre à nos jeunes.
Lorraine Bouvier - 7 février 2012
Monsieur Rolland
Je suis pour la gratuité. Les étudiants seront moins stressés.
Jean-François Cayer - 7 février 2012
Monsieur Rolland
Je suis partagé sur ce sujet. La gratuité ça aiderait les jeunes, mais en même temps il y aurait le risque de les déresponsabiliser.
Francis Chouinard - 7 février 2012
J'ai douze mille dollars en prêts étudiants à rembourser. Comme j'ai pas trouvé de boulot dans mon domaine, je trouve ça irritant.
Marc Normandville - 7 février 2012
Les cours gratuits, je suis entièrement pour. On n'a pas à alourdir son vécu financier parce qu'on a voulu s'instruire.
Pierrette Rolland - 7 février 2012
En réponse à Smouthly: Je ne sais pas où vous avez été chercher vos informations sur les universités françaises. Elles sont complètement érronnées ! Elles doivent dater de Mathusalem...
Et lorsque vous dites combien d'étudiants français viennent au Québec... Je vous rétorquerais; combien d'étudiants étrangers viennent en France ? Certainement un peu plus qu'au Québec.
Pouxy - 7 février 2012
Monsieur Rolland
La gratuité scolaire permettrait de favoriser le goût des études et réduirait le décrochage car les études supérieures serient dès lors plus accessibles.
Gilles Lévesque - 7 février 2012
Monsieur Rolland
Je pense qu'un parti politique gagnerait en popularité avec cette idée de gratuité scolaire et l'effacement de la dette existante.
Corinne Desmarchais - 7 février 2012
Monsieur Rolland
Vous avancez une très bonne proposition. Car ça n'a pde sens d'hypothéquer les jeunes en partant. Ils vont mettre des années à rembourser.
Nathalie Answorth - 7 février 2012
Monsieur Rolland
C'est une proposition qui mérite une analyse. Car je crois que les étudiants méritent un support tangible.
Jules Lacroix - 7 février 2012
Je partage votre point de vue mais je crois qu'une partie du problème vient de ce que, statistiquement, les jeunes choisissent d'avoir peu de poids politique en ne votant pas. Les gouvernements qui se succèdent savent donc qu'ils peuvent pratiquer des coupures en éducation ou laisser les étudiants s'enliser dans les dettes sans qu'il y ait un prix politique à payer puisque de toute façon, il n'y avait déjà pas de gain significatif à faire de ce côté-là..

Les jeunes ne sont pas nécessairement dépolitisés, plusieurs d'entre eux s'impliquent même activement dans diverses causes mais les votes sont ce qui motive un politicien à vous classer dans la catégorie de ceux qu'on courtise et, éventuellement, qu'on écoute et ceux dont on ne fait pas de cas. Les jeunes doivent imposer leur présence en politique afin d'imposer leur voix.
Stéphanie L. - 7 février 2012
Monsieur Rolland
Quelqu'un a évoqué l'idée d'effacer les dettes existantes. Moi je trouve que c'est une idée emballante. Ça redynamiserait l,économie car les jeunes auraient un peu plus d'argent dans leurs poches en arrivant sur le marché du travail.
Lisanne Vaneau - 7 février 2012
Monsieur Rolland
Vous vous rappelez certainement le nombre de faillites que faisaient les étudiants pour se soustraire à leurs obligations de rembourser. Heureusement le gouvernement a mis un holà là dessus. Je trouve les étudiants à ce niveau un peu irresponsables. C'est pour celà que je ne suis pas partisane de la gratuité. Au moins une partie.
Françoise Beaulac - 7 février 2012
Si les études universitaires coûtent cher c'est le train de vie des universités. Avez-vous vu les conditions de travail des professeurs à temps plein. De véritables aristocrates du travail avec neuf heures de cours semaine, une année sabatique aux quatre ans pour se ressourcer et un traitement de presque cet mille dollars par année. Et les étudiants devraient s'endetter pour eux ?
Gérard Desbiens - 7 février 2012
Monsieur Rolland
Je suis à 100% pour la gratuité. On formera dans de meilleures conditions des étudiants qui ne vont pas se disperser aux quatre vents pour joindre les deux bouts.
Ginette Tardif - 7 février 2012
Monsieur Rolland
La gratuité scolaire je suis pour. Moi-même il me reste cinq mille dollars à rembourser et ça demeure un poids pour moi.
Mario Bessette - 7 février 2012
Monsieur Rolland
Je veux vous dire que je suis pour la gratuité. Ça m'aurait grandement aidé au lieu de me cribler de dettes.
Johanne Brassard - 7 février 2012
Je me range tout à fait du côté de celui qui a dénoncé le train de vie des professeurs d'université. Une classe à part dans le monde du travail. A côté de ça les étudiants peinent à survivre.
Gilbert Gladu - 7 février 2012
Monsieur Rolland
Abolissons tout de suite les frais de scolaité pour laisser souffler nos étudiants qui n'en peuvent plus d'engraisser un système.
Laurette Comeau - 7 février 2012
Je pense que plus de jeunes aimeraient poursuivre des études dans l'optique de la gratuité. On ne manquerait plus de ressources à ce chapitre.
Odile Brouillette - 7 février 2012
Les frais de scolarité sont un frein au savoir.
Manon Bourassa - 7 février 2012
Je considère les frais de scolarité comme une barrière démocratique de l'accès aux études. Si ton père a de l'argent tu auras droit à de meilleures conditions de cours, etc.
Robert Lavigne - 7 février 2012
Je serais heureux pour mes filles si elles obtenaient la gratuité des frais de scolarité universitaire. Dans ma condition financière je ne peux pas faire grand chose actuellement.
Fernand Foisy - 7 février 2012
L'endettement étudiant est l'une des causes de la dénatalité car les jeunes couples repoussent de plus en plus l'âge de fonder une famille parce qu'ils veulent d'abord se libérer de leurs dettes et accéder à un niveau de vie décent. On conçoit un enfant moins facilement dans la trentaine que dans la vingtaine. De plus, certaines ITS peuvent affecter la fertilité mais ça peut prendre plusieurs années.
Stéphanie L. - 7 février 2012
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