On parle de l’endettement effarant des Canadiens, mais notre système de scolarité, surtout au stade universitaire, n’aide pas la cause. En bout de piste, les jeunes diplômés sortent des études, hypothéqués pour des années.
Je me souviens d’une soirée délicieuse en compagnie d’une ancienne collaboratrice à la Butte Saint-Jacques, où je fus directeur artistique. On parlait de tout et de rien. Et cette étudiante en musique avec étude complémentaire en langue portugaise me confiait que sa situation financière était assez mal en point et qu’elle cherchait coûte que coûte un boulot suffisamment rémunérateur pour commencer à pouvoir éponger ses dettes. Je lui posai la question : «Il est à quel niveau cet endettement?»
Et elle me répondit 30 000 $. J’ai failli échapper mon morceau de turbot. Non, mais pensez-y. Elle avait vingt-deux ans et déjà cette chape de plomb sur ses frêles épaules. Et il lui fallait des sous pour voir venir. C’est ainsi qu’elle servait de modèle à des futurs gynécologues en faculté de médecine, en exposant son «mystère féminin» pour 80$ la séance. N’importe quoi pour au moins se payer un Kraft dinner.
Je me souviens aussi de ce jeune dentiste qui en avait pour au moins 80 000 $ sur le dos. Sans compter l’équipement à se procurer à crédit pour démarrer dans le métier. Disons que dans son cas je versais moins de larmes, car avec le fric fou qu’ils font, sa dette allait être résorbée dans le temps de le dire. C’est pourquoi au moment où les étudiants manifestent contre les hausses de frais de scolarité pendant que les policiers leur tapent dessus, moi je dis qu’on devrait éliminer tous les frais de scolarité. L’éducation accessible gratuitement et pour tous.
MOINS AUX GROS BRAS
ET PLUS AUX GROSSES TÊTES
Vous me direz, où trouverez-vous l’argent pour entretenir notre réseau collégial et universitaire? D’abord qu’on gère la province convenablement et qu’on en donne moins aux entrepreneurs en construction. Moins aux gros bras et plus aux grosses têtes. En France, l’université est gratuite. Beaucoup d’étudiants vivent là-bas chez leurs parents, qui déboursent pour les frais connexes, gîte, couvert, vêtements et petite allocation de dépenses. Pour le reste, les jeunes ont le devoir de bosser pour leurs études.
Ils n’ont pas, comme ici, à faire des quinze et vingt heures dans des commerces ou des entreprises pour payer leur ordinaire. Tout ce temps à travailler c’est du temps en moins pour l’assimilation des connaissances. C’est esquintant, travailler chez McDo à servir l’Angus fromage suisse et champignons à des gloutons qui vous gobent ça en deux minutes, soit une minute et trente-cinq de plus que le temps que ça vous a pris pour le préparer. Plus aliénant que ça tu meurs.
UN INVESTISSEMENT POUR LE FUTUR
Offrir la gratuité aux jeunes c’est investir sur eux. On en sera tous gagnants pour le futur. Et comme me le faisait remarquer notre éditeur avec pertinence, il faudra par contre que ces étudiants s’engagent à exercer leur profession un minimum de temps au Québec, disons cinq ans, et non de fuir à nos frais aux États-Unis, diplôme en poche. Ils redonneront ainsi à la société québécoise ce qu’ils ont reçu. On en finirait pour de bon avec ces requêtes incessantes et légitimes de nos étudiants qui n’en peuvent plus de courir deux lièvres à la fois, le fric et le savoir.







Voila un debat que plusieurs tente de regler. Mais laissez-moi vous apporter un petit point supplementaire a propos de cette universite gratuite en France. Premierement, les bibliotheque des Universites francaises sont aussi volumineuses et garnies qu'un placard a balais. Deuxiemement, les laboratoires sont pourvues des outils de pointes des annees 80, sans pour autant en avoir assez pour fournir plus de 5 eleves. Regardez le nombre de francais venant etudier au Quebec et vous verrez qu'il y a peut-etre un probleme avec la scolarite gratuite. je ne sais pas quels etudes a fait votre connaissance, mais pour un endettement de 30000$ en ayant travailler un temps soit peu, vivant modestement et avec les differentes bourse et prets etudiants, il s'agit soit d'un domaine ou le salaire sera eleve, soit qu'une de mes mention, sinon plusieurs, n'ont pas ete utiliser...
C'est vrai ce que vous écrivez, comment peut-on envisager un futur agréable quand on démarre hypothéqué à ce point ?
J'ai dix-huit mille dollars à rembourser à l'État. Si les études étaient gratuites je n'aurais pas ce fardeau.
Je partage entièrement votre point de vue. Qu'on cesse donc de gaspiller ailleurs et qu'on en consacre à nos jeunes.
Je suis pour la gratuité. Les étudiants seront moins stressés.
Je suis partagé sur ce sujet. La gratuité ça aiderait les jeunes, mais en même temps il y aurait le risque de les déresponsabiliser.
Et lorsque vous dites combien d'étudiants français viennent au Québec... Je vous rétorquerais; combien d'étudiants étrangers viennent en France ? Certainement un peu plus qu'au Québec.
La gratuité scolaire permettrait de favoriser le goût des études et réduirait le décrochage car les études supérieures serient dès lors plus accessibles.
Je pense qu'un parti politique gagnerait en popularité avec cette idée de gratuité scolaire et l'effacement de la dette existante.
Vous avancez une très bonne proposition. Car ça n'a pde sens d'hypothéquer les jeunes en partant. Ils vont mettre des années à rembourser.
C'est une proposition qui mérite une analyse. Car je crois que les étudiants méritent un support tangible.
Les jeunes ne sont pas nécessairement dépolitisés, plusieurs d'entre eux s'impliquent même activement dans diverses causes mais les votes sont ce qui motive un politicien à vous classer dans la catégorie de ceux qu'on courtise et, éventuellement, qu'on écoute et ceux dont on ne fait pas de cas. Les jeunes doivent imposer leur présence en politique afin d'imposer leur voix.
Quelqu'un a évoqué l'idée d'effacer les dettes existantes. Moi je trouve que c'est une idée emballante. Ça redynamiserait l,économie car les jeunes auraient un peu plus d'argent dans leurs poches en arrivant sur le marché du travail.
Vous vous rappelez certainement le nombre de faillites que faisaient les étudiants pour se soustraire à leurs obligations de rembourser. Heureusement le gouvernement a mis un holà là dessus. Je trouve les étudiants à ce niveau un peu irresponsables. C'est pour celà que je ne suis pas partisane de la gratuité. Au moins une partie.
Je suis à 100% pour la gratuité. On formera dans de meilleures conditions des étudiants qui ne vont pas se disperser aux quatre vents pour joindre les deux bouts.
La gratuité scolaire je suis pour. Moi-même il me reste cinq mille dollars à rembourser et ça demeure un poids pour moi.
Je veux vous dire que je suis pour la gratuité. Ça m'aurait grandement aidé au lieu de me cribler de dettes.
Abolissons tout de suite les frais de scolaité pour laisser souffler nos étudiants qui n'en peuvent plus d'engraisser un système.