Mercredi, 17 avril 2013

LA LEÇON DE BOSTON

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Ce qui est arrivé à Boston est la preuve hors de tout doute que la société américaine est gangrenée. Plus rien ne va dans cette société malade qui a toujours reposé sur ces deux fausses valeurs que sont l’argent et la religion.

 
Il n’y a pas une semaine maintenant sans qu’un fou n’émerge de quelque ville chez nos voisins, mitraillant ou poignardant à tout va. À l’ère des réseaux sociaux où la solitude devant l’ordinateur ou le téléphone intelligent n’a jamais été aussi en hausse, se développent également des pervers narcissiques qui voient le monde à leur façon. Il y a quelques jours c’est un jeune homme qui, avec un instrument contondant, a poignardé des élèves faisant quatorze blessés.

Vous avez cet autre cinglé qui a tué plus d’une vingtaine de bambins à Newton juste avant Noël. Ça ne finit plus. Ailleurs c’est un autre qui, au soir d’une représentation de Batman, canarde à la ronde et en tue un joli paquet. Et pourtant ce n’était pas un débile, mais un étudiant en neurologie. Mais il a pété une coche. Et puis lundi Boston. Je revois cette photo de Martin Richard, un superbe enfant, dont la vie s’est arrêtée bêtement à huit ans. C’est trop atroce et gratuit. Je pourrais en énumérer un paquet. Les États-Unis vivent une crise socioéconomique sans précédent. J’ai un peu compris pourquoi en écoutant l’autre jour, à la télévision française, l’écrivain Tom Wolfe, le célèbre auteur du « Bûcher des vanités » de passage à Paris.

IL N’Y A PLUS D’AMÉRICAIN TYPE

Encore il y a quelques années, les immigrants qui débarquaient aux États-Unis, a-t-il expliqué, voulaient vivre le rêve américain. On parlait anglais, bien sûr, et on s’empressait de bouffer du hot dog même si on venait du Honduras ou de Russie. Sauf exception pour les Chinois, qui ont toujours vécu entre eux n’importe où sur terre. Mais il arrive maintenant que tout est chamabardé. Fini le melting pot USA. Il racontait qu’à Miami, qui est le théâtre de son dernier roman, il n’y a plus que 12% de Blancs de souche. Ce sont les Latinos qui dominent, suivi des Noirs et la langue majoritaire c’est l’espagnol, en alternance avec l’anglais.

Ils ont leurs chaînes télés en espagnol, divers services dans leur langue. Bref, tu n’as plus besoin de vivre en anglais en Floride. Et on ne parle pas des Musulmans qui, dans d’autres villes, parlent anglais oui, mais vont à la mosquée, mangent du kebab et vivent plus près de leurs coutumes que de celles des Yankees. C’est du chacun pour soi. Même le président américain, pourtant si brillant, ne parvient même plus à contrôler son pays. Le lobby des banques et des armes à feu le submerge totalement. Il ne fait qu’appeler à plus d’humanité, mais sa voix se perd dans le désert. Tout juste lui rappelle-t-on qu’il est chanceux, lui le Noir, de se trouver à la Maison… Blanche. Le racisme y est encore très ancré.

La ville de Détroit est en faillite, elle qui fut la capitale de l’automobile. Même plus d’argent pour faire fonctionner les lampadaires dans certaines rues. C’est sinistre. Une ville devenue fantôme. On a même pensé tout raser au bulldozer pour transformer ce qui reste de ville sordide en terres agricoles! Les banques ont pillé le pays et se sont faites en plus rembourser par Washington, un comble! Rien ne va plus. La religion prend trop de place et à toutes les sauces, des Mormons aux Protestants, en passant par l’Église de scientologie et les Pentecôtistes. Et les valeurs d’argent sont faussées.

Aux USA tu arrives au boulot et tu peux te retrouver sans préavis devant ton employeur, les portes fermées. C’est ce qui est arrivé ici-même avec cette formidable culture américaine importée lors de la fermeture brutale de succursales de Future Shop à Montréal. Je pense à celle au Forum Pepsi. Sans s’y attendre, les employés sont arrivés un matin pour entreprendre leur journée et ils ont été accueillis par des gardes de sécurité qui leur ont dit de s’en retourner à la maison, plus de boulot. C’est dégueulasse. Eh bien aux États-Unis, pas étonnant qu’un de ces bons matins un citoyen désaxé s’empare d’un gros calibre et déverse son trop plein de frustration sur de pauvres êtres humains, aveuglé par la rage.

Il n’y a plus de grande patrie américaine. Ça aussi, ç'a pris le bord. Le monde a vraiment changé et on ne sait plus dans quelle direction on va. Des histoires comme à Boston, vous n’avez pas fini d’en voir. Plus que jamais au sud de la frontière  la vie sera du temps emprunté.

LES OPINIONS EXPRIMÉES SONT CELLES DE L'AUTEUR ET NE REFLÈTENT PAS NÉCESSAIREMENT CELLES DE  LaMetropole.com

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