Avec roulement de tambours le PDG du Parc Olympique a dévoilé la première programmation estivale de L’Esplanade financière Sun Life.
Encore une fois une foule de spectacles gratuits pour assistés sociaux qui vont finir par tuer la vie culturelle. Dans mon livre à moi, ce n’est pas parce que cent mille téteux vont voir des shows gratuits à Montréal qu’il faut gonfler le thorax en disant, voyez comment ça bouge à Montréal. Ça bouge peut-être sur scène mais dans l’assistance c’est mort. Ça se dandine oui quand il y a quelques coups de batteries, mais le monde s’en retourne les poches vides à la maison.
Parce que c’est ça Montréal, une ville parmi les plus pauvres en Amérique du Nord. Un montréalais sur dix est sur l’aide sociale, et même ceux qui travaillent sont surendettés, because des petites paies et des gros comptes qui augmentent sans cesse, ils ne savent plus quoi faire. Alors pour faire taire la douleur de ces désargentés on implique une compagnie d’assurance comme Sun Life qui a du fric (parce que les primes d’assurances mes amis, ça augmentent tout le temps) puis on monte une grosse opération cosmétique pour montrer qu’à Montréal « qu’on a donc du fun ». Dans ces conditions, assister à ces spectacles c’est le pendant du téléchargement d’œuvres sans jamais payer une cenne.
LA GRATUITÉ TUE LES ARTS
Le Québec a deux grands ennemis contre la culture, la gratuité des spectacles et la nature. Premièrement si vous conditionnez les gens à voir plein de shows qui ne coûtent rien, comment après coup ces mêmes personnes vont-elles sortir des sous de leurs poches pour acheter un billet. Exemple, si tu aimes Richard Séguin et que tu sais qu’il va chanter, admission « gratisse » dans un parc à Ville LaSalle, vas-tu ensuite payer 35 ou 40 dollars pour aller l’entendre au Saint-Denis ?
Il y en a plein d’artistes brûlés au box office pour avoir accepté trop de contrats dans des parcs à l’invitation de municipalités et de festivals. Même Gilles Vigneault doit se contenter des 400 places du Gesù, parce que ça vend moins bien. Il n’est pas là un mois de temps, non, deux jours! Même Félix Leclerc de son vivant, déplorait Jean-Pierre Ferland, ne parvenait pas à remplir la salle Wilfrid-Pelletier. Ginette Reno a eu des difficultés à faire décoller sa vente de billets au St-Denis. Elle a été obligé de se colleter avec des chanteurs de Star Académie pour rester « in ». Puis ensuite vous avez dame nature avec laquelle il faut composer. Nous vivons de durs mois d’hiver, avec du froid, du verglas, de l’humidité. Quand il fait beau, dès que le soleil se pointe, as-tu le goût de t’enfermer dans une salle obscure par une belle soirée d’été ?
ENCORE UN FESTIVAL
L’administrateur du Parc Olympique accompagné par la présidente de la Sun Life, Isabelle Hudon qui vient redorer le blason d’une compagnie qui a exilé, rappelons-le son siège social à Toronto lors de l’avènement de René Lévesque au pouvoir, a annoncé aussi la venue d’un autre festival, ENCORE UN AUTRE!!! Le Festival Experience Montréal produit par Greenland de sinistre mémoire pour moi. Cette compagnie de production m’avait contacté du temps où j’étais directeur artistique de la Place des Arts. Leur directeur du développement créatif voulait voir la salle pour des spectacles possibles.
Je ne nommerai pas le gars, mais cette horreur, ne parvenait qu’avec grand-peine à dire trois mots en français. Même pas capable de m’envoyer un courriel en se servant du traducteur de Google pour me respecter dans ma langue. Le genre de mec qui vit à Montréal depuis des années et qui dit à peine oui et non. Et ce qui m’insultait plus que tout, c’est qu’au téléphone je persistais à parler en français et lui…en anglais. Et lorsqu’on s’est rencontré, c’est mon sonorisateur, parfait bilingue qui m’avait servi d’interprète.
Laissez-moi vous dire que je l’ai envoyé valser sur les roses. Eh bien c’est avec cette entreprise qui a une raison sociale encore anglophone, Greenland que notre Société du Parc Olympique transige. Merveilleuse loi 101. Sun Life et Greenland ça sonne bien ensemble. Chers spectateurs, faites-moi plaisir, boycottez ces spectacles et allez ailleurs. Des trucs « gratisses » y’en a plein partout.
VIDÉOBLOGUE : LE MENSONGE
Mon blog porte le titre de « Toute vérité est bonne à dire ». Je pose la question ouvertement, est-ce que dans la vie on peut ou l’on doit nécessairement tout dire ? Est-ce que le mensonge n’est pas même devenu le ciment de la société ? Voici mon propos à ce sujet.







Vous avez raison sur le fond, que de courir les spectacles gratuits n'encouragent pas véritablement la culture.
Prenez note qu'une coquille s'est glissée dans le texte. Au lieu de "j'étais directeur artistique de la Place des Arts". il faudrait plutôt lire de la Butte Saint-Jacques.
A bon entendeur
Daniel Rolland
Je partage votre point de vue sur votre vidéoblogue que nous sommes tous à divers degrés un peu menteur, ou dissimulateur. Onb ne pourrait pas vivre uniquement dans la vérité. C'est bizarre.
Je suis malheureusement de ces personnes qui courent les spectacles en plein air et gratuits. Et ce n'est pas faute d'argent. Vous me donnez des remords.
J'aime votre opinion qui m'a secoué un peu à propos de nos habitudes culturelles. Je ne vois plus comment on va se sortir de cette spirale maintenant qu'on a des habitudes bien ancrées de gratuité.
Je vais voir des spectacles gratuits et je n'ai pas l'impression de profiter de quoi que ce soit, peut-être parce que finalement je les ai payé avec mes taxes.
Je crois que vous chialer inutilement. Les spectacles gratuits c'est une manière de démocratiser les arts.
La culture doit être soutenue même si on doit la supporter à 100% financièrement et permettre qu'elle soit disponible gratuitement aux gens.
Il faut être juste, comme je n'ai pas de gros budget, les spectacles gratuits font bien mon affaire.
La gratuité est un mal nécessaire.
Il faut voir la gratuité comme un simple exercice de démocratisation de la culture.
J'ai beaucoup aimé votre vidéoblogue que j'écoute religieusement les jeudis. C'est hélàs trop court. J'espère que quelqu'un l'idée un jour de les réunir en coffret.