Mardi, 23 juillet 2013

ANIMAUX DE COMPAGNIE OU SUBSTITUTS AFFECTIFS?

Je suis encore sous le choc. 16 h hier après-midi, je suis chez le vet et on m’annonce que ma compagne poilue des quatorze dernières années, Shanah, est condamnée. Notre inimitable chatte écaille de tortue nous a quittés plus vite que l’éclair.

 

 

Pour mon prochain bilan de santé, je pense que je prends un rendez-vous à l’hôpital vétérinaire. Rendez-vous à l’heure, temps d’attente négligeable et des techniciennes et techniciens en santé animale patients comme des anges. Les vétérinaires prennent tout le temps qu’il faut pour répondre à vos questions, pendant que d’autres s’arrêtent pour distribuer une caresse à pitou avant de poursuivre leur chemin.

Je veux bien croire qu’on paye et que ce traitement royal ne vient pas sans une facture salée, mais je suis toujours surprise malgré tout de la considération avec laquelle le personnel de l’hôpital vétérinaire qui soigne mes chats (j’en ai plusieurs) traite leurs clients humains et leurs compagnons. Pendant que ma belle chatte qui n’en mène pas large est à se faire faire des prises de sang, j’observais les autres clients.

Une médaille a toujours deux côtés. Si le personnel fait preuve d’un grand respect, on ne peut en dire autant de tous les clients. Je vous le raconte et je n’en reviens toujours pas. La « madame », qui soit dit en passant sentait la madame…, entre chez le vet, deux toutous blancs, le poil guilleret frais toiletté, au bout de la laisse. Elle s’avance près du comptoir d’accueil où je me tiens en ligne avec 4 ou 5 autres clients quand un des deux sacs à puces de la madame décide de lever la patte sur le pilier du comptoir.

On s’entend, c’est pas la faute de la madame si pitou a eu une petite envie irrésistible de baptiser la colonne devant lui, c’est un animal. C’est pas ça qui m’a sciée en deux… c’est le manque de savoir-vivre de la cliente. La madame s’est mise à rire très fort en claironnant à la ronde que son chien était trop drôle d’avoir confondu le pilier du comptoir avec un poteau. Le gros rond de pipi à nos pieds s’étendait pendant que madame s’enorgueillissait de l’exploit de son canin. J’étais estomaquée. J’étais bée bouche!

La dame n’a même pas fait semblant de ramasser le trophée de toutou. Elle a dit à la jeune technicienne au comptoir : « t’oublieras pas de ramasser, on pile dedans ». De kossé?!? Je donne 20 sur 10 à la jeune technicienne qui a souri poliment et qui a répondu sur un ton neutre : ne vous en faites pas madame, on le nettoie tout de suite. Wow! On a beau vider nos bas de laine quand on va chez le vet, ça prenait un sacré bon contrôle de soi et un vrai cœur d’or pour répondre de façon aussi zen à une telle impolitesse.

N’empêche que je devrais remercier la madame, elle m’a fait oublier pendant quelques minutes que ma belle compagne à poil n’en menait pas large. À 17 h le diagnostic est tombé comme un couperet : foie et reins finis. Ça n’aurait rien servi de s’acharner et de la faire souffrir… elle n’en avait plus guère que pour quelques jours, voire une semaine tout au plus, selon la vet. J’ai refusé l’acharnement thérapeutique et je me suis résignée à lui dire au revoir.

La suite m’a autant épatée, je crois, que l’épisode de la dame aux chiens. L’humanité dont notre vétérinaire a fait preuve est remarquable, il n’y a rien à dire là-dessus. Mon conjoint et moi étions tristes et ils ont fait preuve de toute l’empathie nécessaire dans les circonstances. Elle parlait à mon chat, lui expliquant qu’on devait la laisser aller et tout, ce qui, cela dit, a fait redoubler mes larmes… un vrai crève-cœur. Je n’en avais pas envie, mais il fallait que je signe un formulaire de consentement. Je commence à lire le fameux formulaire et je ne sais plus si je dois rire ou pleurer.

Question 1 : Souhaitez-vous récupérer le corps de votre animal?

Moi : heu… Quoi?! Mais, j’en fais quoi après?!

Question 2 : Souhaitez-vous faire incinérer votre animal seul ou en groupe?

Ma réponse : hein?!? Ben, là… rire… c’est quoi? Une espèce de thérapie de groupe post mortem ou quelque chose du genre? Non, mais je vous jure, elle ne protestera pas, parce qu’elle ne sera plus là pour en témoigner. Pis même avant, elle n’aurait pu s’objecter parce que c’est un animal, voyez-vous, et que vivante, de toute façon, vous ne l’auriez pas incinérée… Écoutez, on s’en fout, elle sera morte!

Question de ma vet : voulez-vous rapporter les cendres?

Moi : Dieu du ciel, je crois que je vais passer mon tour. Et là, je me souviens qu’il existe des centres funéraires pour animaux de compagnie et des crématoriums. J’ai l’impression d’être atterri sur une autre planète ou de vivre un rêve éveillé. Je respecte les amoureux des animaux, j’en suis une. Je ne ferais jamais de mal à un animal et je déteste qu’on fasse souffrir inutilement les animaux ou qu’on fasse preuve de cruauté à leur égard, mais de là à leur offrir une cérémonie funéraire...

Je sens que je vais me faire tomber dessus, mais je me la pose cette question, alors je me lance.  On jase, là. En voulant si bien traiter nos animaux de compagnie, sommes-nous en train de franchir la ligne entre l’animal et l’homme? En un mot : en faisons-nous trop et exagérons-nous? On offre à nos animaux de compagnie un traitement royal que bien des gens n’ont pas les moyens de se payer.

Nourriture sans gluten ou fait à partir d’ingrédients bio, vitamines, traitement pour le poil, shampoing antipelliculaire, crème hydratante pour le poil sec, toilettage et teinture, série de vaccins à jour, nettoyage des dents, détartrage, psychothérapie, massothérapie, radiothérapie, programme d’entraînement, couverture d’assurances, hôtel, bistro, accessoires luxueux, jouets et vêtements de toute sorte, accompagnement en fin de vie, crématorium et salon funéraire. Et là, je ne vous parle pas des chirurgies coûteuses comme un remplacement de la hanche ou une chirurgie cardiaque…



On nous incite à dépenser des sommes colossales pour traiter toutou et minou comme des humains, pas comme des animaux. Est-ce que ces soins sont vraiment nécessaires? Est-ce que si je n’achète pas la nourriture de mes poilus chez le vet, je mets réellement leur santé en péril? Si je ne fais pas détartrer mon gros Noiraud, suis-je une si mauvaise maîtresse?

Mon beau Flocon n’a pas eu ses vaccins. Il ne va pas à l’extérieur… Suis-je négligente pour autant? Si mes adorables chats dorment sur une vieille couverture ou dans une bonne vieille boîte de carton plutôt qu’un coussin à 50 $ ou à 100 $, suis-je une citoyenne indigne? Sans qu’on s’en soit rendu compte, en voulant trop bien faire, est-ce qu’on a oublié que nos animaux de compagnie sont des animaux, pas des humains?




Est-ce qu’en acceptant de dépenser autant pour nos animaux de compagnie et en leur offrant des soins similaires, parfois supérieurs à ce que bien des gens reçoivent, est-ce qu’on n’est pas en train de se prendre les pieds dans les filets du capitalisme moderne et de l’irrationalité? Est-ce que nous nous procurons de véritables compagnons ou reportons-nous nos manques relationnels et affectifs dans notre relation avec nos animaux domestiques? Sur ces questions existentielles, du haut de son paradis des chats, Shanah vous salue.

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