Mercredi, 7 janvier 2015

DEVOIR PAYER POUR DES CÂLINS

C’est la dernière dégradation de l’esprit tordu de notre époque, qui consiste à devoir payer des gens pour qu’on vienne nous prendre dans les bras, une heure durant, pendant que le compteur est en marche $$$.

 

J’avais été confronté au phénomène des câlins publics comme il s’en produit de temps à autre à la sortie du métro Mont-Royal. Vous avez là des bobos qui vous invitent gratuitement (le plus beau mot de la langue française) à venir vous laisser prendre une petite minute dans leurs bras. Ça m’a toujours laissé songeur, ces manifestations du genre « j’aime tout le monde et tout le monde m’aime » avec des sourires de commande.



Car c’est ma conclusion depuis que je suis apparu sur Terre le 4 mars 1955, que l’homme est foncièrement mauvais. L’altruisme, c’est nettement pas son fort. Je l’ai encore écrit il n’y a pas si longtemps. Concrètement il vit difficilement avec ses semblables, sinon au prix de multiples compromis qui le dénaturent complètement.



Montaigne a tellement raison lorsqu’il écrivit en son temps que le problème de l’homme débute quand il sort de sa chambre à coucher. Il aurait pu compléter en écrivant, surtout lorsqu’il croise une autre personne. C’est la raison pour laquelle le truc des câlins sonne faux dans mon esprit.



DEVENU UNE BUSINESS

Fiez-vous aux Américains. S’ils flairent une affaire et que ça vous fait un fumet de pognon, ils vont s’accaparer de la chose. Et c’est ainsi qu’est né à Portland, en Oregon, une entreprise de câlins à domicile. Tu débourse mettons 90$ pour une heure (comme ça se passe en ce moment à Montréal) et pour ce montant monsieur aura une femme qui viendra s’allonger dans son dos, habillée (une erreur selon moi) pour l’enserrer « tendrement ».



Et il semble que même de se faire jouer dans les cheveux, une main par ailleurs délicatement posée sur une autre, provoquerait, dit-on, chez certains, des émotions rares. Certains bénéficiaires de ces attentions « intéressées » versant même des larmes. Comme si elles avaient été touchées pour la première fois de leur vie. C’est symptomatique du manque de communication humaine à notre époque. Je comprends donc. Avec tous ces gens accros à leur téléphone intelligent et qui ne voient plus rien de ce qui se passe autour d’eux.



TOUCHE MAIS PAS TOUCHE


Évidemment, la grande affaire c’est qu’il ne doit y avoir aucun acte sexuel entre la visiteuse et son « client ». On demeure vêtu jusqu’au cou et les mains ne doivent surtout pas être baladeuses. C’est madame qui toujours dirige les opérations. On fait même signer un contrat à l’homme, dans lequel il s’engage à ne pas dépasser les limites permises. Encore une fois, c’est faire fi de la nature intrinsèque du mâle qui, s’il est en forme, BANDE quand on le frôle. Et le défi serait de se trouver dans un lit avec une femme en récitant intérieurement des « Je vous salue Marie » pour que le désir ne s’empare pas de vous. C’est ça que je qualifie d’esprit tordu.



J’imagine un service équivalent dans la communauté gaie. En moins de deux, les slips voleraient dans les airs, suivi de toutes les cabrioles que l’imagination commande. Mais entre homme et femme il faut toujours fixer des balises pour empêcher que ces deux-là se délivrent de leurs tensions. À croire désormais que l’on ne doive se foutre à poil que pour faire des bébés.



Messieurs, tant qu’à cracher 90$ pour des effleurements d’épiderme, rajoutez 60$ et vous pourrez bouffer le minou de la fille, en choisissant même dans le catalogue de l’agence d’escortes, l’anatomie qui vous fait craquer le plus. Mesdames, faites donc la même chose avec un hercule local bien emmanché. Lâchez le mot amour, que vous remplacerez par « prends-moi mon cochon ». Cessons de nier l’existence du cul si libérateur lorsque bien assumé. De grâce, fuyez ces débilitants câlins payants.



Si vous aimez tant que ça être câliné, attendez d’aller chez une grande tante dans la famille. Il s’en trouvera toujours une, sentant le camphre, pour s’offrir à vous cajoler sans que cela ne vous coûte une cenne, sinon de lui apporter des chocolats bon marché du Jean Coutu. À moins que pour votre malheur toutes vos tantes soient occupées à leur iPhone.

LES OPINIONS EXPRIMÉES SONT CELLES DE L’AUTEUR ET NE REFLÈTENT PAS NÉCESSAIREMENT CELLES DU PORTAIL DU GRAND MONTRÉAL
LAMETROPOLE.COM

UN BAR À CALINS FAIT FUREUR AUX USA

REPRENDREZ-VOUS UN PEU D’ÉCUREUIL?
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