Jeudi, 8 décembre 2016

CRISE EXISTENTIELLE

Pourquoi les cas d’autismes, de maladies mentales, de drogués, de guerre de religions, d’itinérances, de pauvretés, de consommation de médicaments… ont-ils explosés ces dernières années?

 

En l’espace de quatre à cinq décennies tout ce qui constituait une direction quasi permanente et universelle pour le fonctionnement  de nos sociétés se voit ébranler de tout bord tous côtés. Il n’y a pas un domaine qui échappe aux fulgurantes prises de conscience, de remise en question des systèmes qui jusqu’alors modelaient nos us et coutumes. Ce que nous percevions comme une réalité immuable dans ses fondements s’effrite, répandant dans l’air un sentiment de vide, une poussière de peur.


Un épais nuage recouvre les chemins jadis maintes fois empruntés et sécuritaires. Maintenant, tous les carrefours sont engorgés de  gens perdus.

Un de perdu dix de retrouvés. Si ce proverbe s’avère exacte il n’y a plus lieu de s’inquiéter. Tous les perdu.e.s de ce monde doivent être considéré.e.s comme des tremplins, des points de repère pour « guider » tous ces gens qui errent dans le brouillard de l’incertitude. Remercions donc ces gens qui par leurs expériences de misère, de souffrance se sacrifient consciemment ou non pour la cause de l’avancement de la conscience. Comment ne pas être désorienté, désespéré quand à tout moment une parole, un texte, une étude, déboulonnent un mythe, une croyance que nous jugions jusque-là essentiel à notre à notre vie, que nous l’appliquions au quotidien sans imaginer qu’ils pouvaient être faux compte tenu qu’ils fonctionnaient dans notre engrenage social ?

Devant cette guerre d’aller-retour entre le vrai et le faux de nos valeurs, valeurs appuyées par un nombre incalculable de gens et à la fois dénigrées par un aussi grand nombre, nos corps physique, émotionnel/vital, mental se sentent complètement écartelés. Morcelés de partout, n’est-il pas « normal » que des millions de personnes fassent le choix d’abdiquer devant autant de perplexité, d’inquiétude ? En attendant que ça passe nous nous gelons les neurones. La médecine de la mort avec ses médicaments chimiques, synthétiques, empoisonnés offre une attente confortable, nous assoyant aux premières loges observant le spectacle de la tragédie humaine, bouche pendante, yeux vitreux, acteurs qui se pensent spectateurs.  Mais dans le fond nous sommes spectatrices/teurs refusant notre rôle d’actrice/teur. En étant bien décroché.e.s de nos responsabilités individuelles, nous glissons, sombrons lentement mais sûrement dans l’abandon de notre prise en charge personnelle en la léguant à autrui. Plutôt que de changer un pare-brise fragmenté nous espérons que quelqu’un.e pourra recoller les morceaux.

Dans ce monde où la contradiction sur tout et sur rien mène le bal, chacun.e prend la défense de ses intérêts. Tout le monde est mêlé. Qui dit vrai, qui dit faux ? Les réseaux sociaux en découragent plus d’un.e à cet égard. L’obstination de qui a raison qui a tort est devenu la norme de ces plateformes. En même temps elles obligent à nous questionner davantage, de faire des recherches sur ce qui nous paraît douteux, sclérosés, mensongers.  Nous constatons aussi que toutes et tous ne s’y adonnent pas. La paresse des un.e.s motivent l’action des autres. La démission d’aller à l’encontre de clichés, de stéréotypes communs, en poussent tout autant à aller au-delà de ce qu’ils perçoivent comme étant incomplets, insatisfait des réponses qui circulent. L’interrogation coule dans leurs veines.

Le mal être submerge notre monde. Qui veut s’incarner ou continuer de vivre dans une société ou la liberté n’est possible qu’à la condition d’être sous le joug des lois ? L’autiste pénètre ici à reculons en faisant un pied de nez à cette structure. Il oblige la réflexion, le questionnement de la place que nous voudrions et refusons de prendre ( ?). L’alzheimer regrette la disparition des repères de son passé, ce qui l’encrait dans une réalité sécurisante, décroche de ses souvenirs, largue les amarres sur ses attaches, par résignation, dépit, frustrations( ?).  L ‘alcool, les drogues, le sexe, des fuites, des soupapes évacuant les pressions d’un mode vie incompatible avec la « nature » de notre espèce ( ?). Un monde épeurant plus que jamais. Une pandémie à chaque coin de rue, une guerre à portée de main à tout instant, chez le voisin, chez soi, un environnement pollué, de la terre aux galaxies, des politiciens, des banquiers, des multinationales qui siphonnent l’énergie de l’espèce humaine, avec notre accord, faut-il le rappeler. N’oublions pas cependant que toute cause est inhérente et intérieure à chaque être vivant. Nous mettons en place, que nous en ayons le souvenir ou non, ce que nous avons besoin d’expérimenter pour revenir à soi.

La démission lance un appel à chaque seconde. En fait il serait plus juste de dire qu’elle est une ligne ouverte. Il ne suffit que de s’y brancher et le mode d’emploi suit dans l’instant. Le programme offre une multitude de services inimaginables. Le choix ne coûte que le don de soi à autrui. Il suffit de renier son pouvoir créateur, responsable et garant de sa vie pour aussitôt être pris en charge. À l’opposé, puisque c’est une condition nécessaire et impérative à toute dualité qui permet « d’évoluer », les coachs de vie, la méditation, le yoga et toute forme d’enseignement considérée spirituelle croit comme des champignons. À leur tour, voyant et ressentant eux-mêmes que nous sommes en pleine détresse, ils offrent des solutions afin de surmonter la tragédie installée dans notre humanité. Les paradigmes se bousculent, s’effondrent, d’autres émergent avec en final un sentiment de ne plus savoir où donner de la tête. Lumière, please !

L’explosion que nous vivons actuellement n’est que la fragmentation de soi. C’est l’œuvre individuelle de rapiécer nos morceaux dispersées aux quatre coins de notre infinitude. En d’autre mots, tous les champs d’activités qui s’écroulent un par un, qui nous font réagir dans nos rapports avec nos semblables ne sont en fait qu’une seule et même chose c’est-à-dire une crise existentielle de l’être. Nous pouvons nous sentir dévastés par la critique, le rejet des autres en raison des valeurs que nous portons et c’est parfait. À ce titre nous sommes toutes et tous égaux. Prises séparément, les crises politiques, financières, environnementales s’affichent comme irrémédiables et décourageantes.  Néanmoins, sachant qu’elles ne sont en rien des phénomènes isolés, du fait qu’il ne s’agit que d’une seule crise - la notre de manière individuelle et projetée dans notre monde de communauté, la tension baisse et la fréquence vibratoire de la planète augmente. D’ailleurs, cette fréquence vibratoire ne peut qu’augmenter, jamais elle ne peut baisser malgré les apparences.

Une amie cite régulièrement ce mantra et qui me rejoint dans ce tumulte étourdissant ; patience, endurance, persévérance. (P.S. Il me semble judicieux de noter que le fait de se savoir créatrice/teur de sa vie ne résoudra ni n’évitera par miracle, instantanément, une condition de pauvreté, de symptômes,  de guerre à petite ou grande échelle et autres calamités).

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