Jeudi, 10 novembre 2016

QU’EST-CE QUE LE FÉMINISME ?

Par orgueil, paresse intellectuelle, réconfort, assurance, frustration, appartenance et tant d’autres raisons, le féminisme se pavane comme une doctrine n’ayant qu’une seule voie/voix. Néanmoins, sa principale caractéristique est la dissidence.

 

L’emploi du mot féministe rassure celles/ceux qui prétendent l’être. De prime abord, sa définition préconise une égalité entre les femmes et les hommes tant dans la vie publique que dans la vie privée. Personne ne semble s’opposer à cette définition dont l’essentiel inclue les notions de parité et d’équité entre les genres et les sexes.  À partir de ce constat, tout le monde et sa/son voisin.e se réclame féministe.


Dès l’instant où une personne observe une inégalité envers une ou des femmes, principalement de la part d’un ou des hommes,  elle peut revendiquer être féministe et exiger un renversement de situation. On ne peut pas être en désaccord avec les gens qui cherchent à aider autrui. Là n’est pas la question.



Se dire féministe rassure parce qu’il incite (devrait inciter du moins) aux changements, à passer à l’action face aux inégalités relevées que l’on souhaite éradiquer. Mais qui rassure-t-elle/il ? Principalement les personnes qui par orgueil, paresse intellectuelle, réconfort, assurance… s’en tiennent à un seul mouvement comme étant universel dans ses concepts et idéologies. Autrement dit, il s’agit de se décrire comme étant féministe pour s’imaginer que tout celles/ceux qui se décrivent comme tel.le ont le même point de vue sur ce qu’est le féminisme. Le terme est popularisé et utilisé à tort et à travers dans toutes les sphères de la société. Comme tant d’autres mouvements idéologiques il est perçu et relayé comme un bloc monolithique. Prenons un autre exemple qu’est la science. Les médias de masses, les réseaux sociaux nous servent constamment des titres ronfleurs et insidieux quand ils proclament que La science

a découvert ceci, cela, qu’elle confirme ou infirme telle ou telle découverte et patati patata. Uniformisation de la réflexion.



Dans les faits il n’y a pas qu’une science. On y retrouve le formel pur, l’empirico-formel, l’herméneutique… Alors, quand tu me parles de science, prend le temps de m’éclaircir à quelle discipline tu fais référence parce qu’elles ne sont pas toutes en accord sur les méthodologies employées. Elles sont mêmes contradictoires dans certaines expertises de recherches. Ce phénomène de monolithisme s’applique également  à celles/ceux qui ont foi en un Dieu quelconque, définit par une religion, une spiritualité, un mysticisme. Il en va de même pour les politisé.e.s. On ne se dit pas politisé,e sans adhérer à un parti. Constat semblable pour l’alimentation ; omnivore, macrobiotique, crudivore, végan et ainsi de suite. Le bloc monolithique rassure parce qu’il donne un espace pour émettre son opinion, bien appuyé par le bloc, la sécurité offerte par le groupe. Le féminisme circule aussi en bloc monolithique. Sous cette couverture il peut revendiquer, attaquer, se défendre, accuser. Il se justifie par sa définition, la recherche absolue du droit à l’égalité. Le féminisme se définit aussi par un ensemble de mouvements. S’il y a un ensemble de mouvements malgré un but commun, ces mouvements entrent autant en contradiction les uns avec les autres sur la manière de parvenir à leurs fins que n’importe quels autres mouvements.

Comme tous mouvements cherchant plus ou moins consciemment l’unanimité par ses revendications, il se crée forcément des oppositions, qu’elles soient réelles, imaginaires, délirantes. Semblable à toutes idéologies qui se veulent mondiales, on a un féminisme paradoxal, pour emprunter l’expression à Mathieu Bock-Côté, base commune à tous. Non seulement paradoxal mais opposé et oppressifs dans ses différentes avenues et pratiques. Il n’y a pas un seul féminisme qui s’arrête à seulement vouloir l’égalité entre toutes et tous. En ce sens qu’ils ont une démarche qui sollicite la vie sociale, politique, économique pour la reconnaissance de leurs protestations, requêtes. Et parce que les mouvements  se font la guerre entre eux, ne s’entendent pas sur leurs agir et doctrines respectifs, la plupart des gens s’arrêteront à s’étiqueter féministe pour ne pas entrer en conflit avec les autres féministes. Solidarité oblige. Solidarité oblige, tant que tu veux, l’obligation on peut en faire fi à notre guise. La preuve se démontre par les innombrables mouvements féministes qui s’attaquent entre eux, plus souvent qu’autrement qui ne s’ébruite pas – qui est tue par les médias, l’important étant de propager le bloc monolithique sous l’aspect de rapports harmonieux, conserver une apparence d’entraide.

Alors, quand tu te prononceras en tant que féministe sur un sujet donné, en premier lieu il serait judicieux de mentionner, par respect pour toi-même et pour autrui, de quel féminisme tu te réclames. En boni, tu verras que tous se placent aisément, quel.s que soit/soient ton/tes choix de féminisme.s, celui/ceux qui te rejoint/rejoignent, dans une conversation tout en suscitant l’étonnement voire quelque fois l’admiration. N’oublie pas que sa contrepartie sera l’attaque personnelle, le dénigrement, la colère…



Pour te faciliter la tâche voici une liste non exhaustive des possibilités que t’offrent les mouvements féministes existants. Ça peut aider à sortir du bloc monolithique : le féminisme humaniste, le féminisme castrateur, féminisme génocidaire, féminisme puritain, existentialiste, libéral-égalitaire, marxiste-socialiste, radical, néo-féminisme, Français versus anglo-américain, d’État. Il te faudra évidemment te plonger dans la doctrine de celui/ceux qui te fait/font une belle langue.

Tu ne peux plus dès maintenant te réclamer féministe sans adopter une charte qui représente tes valeurs. Ainsi, tu  es désormais appeler à réviser ce en quoi tu crois, en faire part quand viendra le moment de t’étiqueter  de la sorte ; un féminisme avec ou sans homme (certains mouvement les refusent) ; pro-choix ou pro-vie ; en accord ou non avec l’expression chaotique de culture du viol (ou culture de la victime, expression cher au duo et spécialistes victimaires que sont Les Brutes). De plus, tu devras prendre position concernant le corps la femme et à qui il appartient. S’il lui appartient elle décide ce qu’elle veut, ce qui lui permet d’être courtisane, fille de joie, danseuse, escorte. Ou bien il ne lui appartient pas et tu te ranges dans le mouvement féministe qui se veut abolitionniste et/ou celui qui veut sauver la veuve et l’orphelin

Dorénavant, avec ton esprit critique, les recherches que tu auras effectuées au prix d’efforts qui t’étaient jusque-là inconnus tu ne confondras ni ne mélangeras plus les termes de sexisme, phallocrate, misogynie et patriarcat, le plus malmené étant ce dernier. Pour que ce soit clair lis ceci : "Le patriarcat (« droit paternel », ou « ordre social paternel », et non pas « pouvoir aux hommes ») est un modèle de société structuré sur la filiation paternelle, et où l’autorité parentale légale est exclusivement paternelle : la mère n’a aucun droits sur l’enfant. Le père et non la mère détient la propriété, c’est à dire le pouvoir réel : sur l’enfant, la maison, la terre, les richesses… « L’enfant appartient au père comme le propriétaire de la vache devient propriétaire du veau ». – lois de Manou, Védas aryens.

"Le patriarcat est un système social dans lequel l’homme, en tant que père, est dépositaire de l’autorité au sein de la famille ou, plus largement, au sein du clan. La perpétuation de cette autorité est fondée sur la descendance par les mâles, la transmission du patronyme et la discrimination sexuelle. Les femmes sont subordonnées à l’homme qui possède l’autorité : le père, le mari ou à défaut le frère. "Le patriarcat découle du patriciat, la caste noble des patriciens, l’élite de la Rome antique." "Du latin pater, le père et non l’homme, le patriarcat est donc « l’ordre fondé sur la paternité », un modèle de société fondé sur la filiation paternelle. Le pouvoir familial paternel (patria potestas) est garanti par la filiation paternelle, qui nécessite la reconnaissance de paternité,



garantie par le contrat de mariage : culte de la virginité, fidélité, interdit du sexe hors mariage, répression sexuelle, police des mœurs, soumission des femmes, prostitution, complexe d’Oedipe, névroses, fanatisme…" (1).

En Droit, légalement, tout le monde est égal. Que cette égalité ne se manifeste pas partout ne le sera pas plus en judiciarisant nos rapports humains avec de nouvelles lois. Est-ce que les vols, les abus, les viols, les tortures, les meurtres ont cessés avec les lois en place ? Et ne venez pas dire le cliché populaire que « non mais ça a grandement aidé à diminuer ». Foutaise. Ça ne se prouve pas. Des dizaines d’autres facteurs peuvent être considérés dans cet optique sans aucun rapport avec l’influence des lois. Les lobbying entretiennent un féminisme paradoxal dont les conséquences nous ramènent/maintiennent dans un esprit belliqueux de type dogmatique religieux ; vous êtes avec nous ou contre nous, le bien/le mal, les bons/les méchants, la propagande victime-bourreau-sauveur-où-je-ne-suis pas-responsable-de-ce-que-je-vis. Programme complet.



En dernier lieu, demande-toi qui sont les milliardaires phallocrates qui financent avec leurs fondations les Femen,  le Encore féministes, aussi longtemps qu’il le faudra, La Journée de la femme, ministère de la condition féminine, etc. Termine avec un exercice où tu dois établir à quel.s féminisme.s appartien.nent ces citations et lesquelles font parties intégrantes de tes références morales :

« Les féministes peuvent se disputer, ce sont des hommes comme les autres ! » Florence Montreynaud, historienne, écrivaine.

« Pour la femme, l’amour est une totale démission au profit d’un maître » - Simone de Beauvoir, philosophe, romancière.

« Tous les hommes sont des violeurs et c’est tout ce qu’ils sont » - Marylin Franch, auteure et consultante de la campagne présidentielle d’Al Gore

«  La proportion des hommes doit être réduite et maintenue à approximativement 10% de la race humaine » - Sally Miller Gearhart, professeure, activiste politique.

«  Quand une femme jouit avec un homme, elle ne fait que collaborer au régime patriarcal, rendant érotique sa propre oppression » - Sheila  Jeffrys, auteure, activiste, professeure.

«  Je veux voir un homme battu en bouillie sanglante avec un talon haut dans la bouche, comme une pomme dans le groin d’un cochon » - Andrea Dworkin, essayiste, théoricienne.

«  Tout rapports sexuels, même s’il est consensuel, entre un couple marié, est un acte de violence perpétré contre la femme » - Catherine MacKinnon, juriste et militante féministe.

« J’estime que la haine envers les hommes est un acte politique honorable et valable, en ce cela que les opprimées ont droit à la haine de classe contre la classe qui les opprime » - Merle Morgan, éditrice du MS magazine.

« Le féminisme est la théorie ; le lesbianisme est la pratique » - Ti-Grace Atkinson, essayiste, théoricienne féministe.

(1) Extrait emprunté à matriciens.org ainsi que les 7 dernières citations.
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