Lundi, 6 août 2012

SANTÉ+SERVICE À LA CLIENTÈLE=EXPLOSIF

Il faut vraiment avoir été malade pour comprendre comment notre dignité est Fragile!

 

On a beau avoir changé le terme « malade » pour le nommer maintenant « client », dans le domaine de la santé, le rapport de force est indéniable. Quand on est malade, on n’est pas juste sensible à notre malaise, mais aussi dans nos émotions. La façon dont le personnel soignant nous parle, nous touche, nous regarde, tout est susceptible de porter à conflit. Ils sont humains, ceux qui ont notre santé en main. Ils ont eux aussi leur problèmes, leurs craintes et leurs bobos.

Nous restons une clientèle exigeante et même souvent immature, voire contraignante. Malgré les articles dans les journaux, à la télé, on se fout complètement du personnel soignant, en autant qu’on a ce qu’on désire. Une grande part du problème est le fonctionnement de notre système de santé. Puisque nous payons directement au gouvernement et ne voyons aucune facture passer. Nous avons l’impression de payer très cher sans jamais recevoir le service qui nous est dû. J’ai eu beau chercher sur des sites québécois, on n'est pas à la veille de voir les factures passer. IL N’Y A RIEN SUR LE SUJET. 

Je me rappellerai toute ma vie. Ma mère, dans une période creuse de sa vie, faisait venir l’ambulance pour un petit malaise ou parce qu’elle avait besoin d’attention. Jamais elle n’a su (ni moi) combien a coûté son opération « gardiennage » du personnel ambulancier. Ma mère a la même façon de penser que nous tous. « J’ai payé toute ma vie, je peux bien en profiter », crie-t-on haut et fort. Mais avons-nous pensé à ceux qui n’abusent pas du système? À ceux qui n’on jamais demandé à être malade? Aux personnes vieillissantes, aux enfants malades? Certes, on ne peut oublier les hypocondriaques et les abuseurs de système. Il faut penser à ceux qui ne prennent pas soin de leur santé, qui fument, se droguent, et seront une clientèle assurée tôt ou tard. Ils paient, ils vont en profiter eux-aussi.

Il faut savoir que notre système de santé est un peu comme une assurance-maladie. Nous ne pourrions jamais payer ce qu’il en coûte vraiment. Si demain tout le monde tombait malade, nous n’aurions pas assez d’argent pour être tous soignés. Voilà pourquoi il est important « d’essayer » d’éviter la maladie. Je ne vous parle pas des personnes qui ont pris soin toute leur vie de leur santé, comme mon amie Claire qui a eu un cancer du sein! Je parle de ceux qui se mettent tous les jours en danger avec des comportements qui pourraient les rendre malades!

Je remercie le ministère de la Santé qui poursuit les fabricants de cigarettes pour près 60 G$. Car cette industrie a contribué activement et consciemment à faire mourir des millions de gens. Le personnel avait la « commande » de contourner les lois et de faire des miracles en promotion. J’ai connu personnellement PLUSIEURS personnes qui ont bâti leur carrière sur la mort de gens inconscients qui ne souciaient guère des mensonges qu’on leur racontait! J’aurais de la misère à dormir à leur place.  

Pour en venir à notre cher personnel du domaine de la santé. Plus ils sont débordés, plus ils font d’erreurs et plus nous sommes impatients. Quand cela se terminera-t-il?

Les religieuses étaient des saintes! Je me rappellerai toute ma vie une opération que j’ai subi à l’âge de trois ans. L’Hôtel Dieu de Sherbrooke était rempli de soutanes noires. Ces femmes minces et souvent très dures tenaient de mains de maître le milieu hospitalier au Québec. Je m’étais enfuie et m’était cachée dans le manteau de ma sœur pour qu’elle me ramène à la maison. J’étais une coquine de cliente, qui ne mangeait que de la crème glacée à l’orange. J’en ai mangé pendant 3 semaines. Malgré leur réputation, les bonnes sœurs me berçaient, me chantaient des chansons et me tenaient compagnie la nuit. Moi dans ma couchette à dormir les poings fermés et elles, assises sur une chaise droite! Leur absence pèse lourd sur le système de santé. 

Le bénévolat est devenu rare. Les grands-parents parcourent le monde en croisière et oublient qu’ils auront besoin de soins tôt ou tard. Lorsque j’avais 14 ans, nous avions formé un club de jeunes, « Les Rossignols ». Nous allions à l’hôpital de Magog, visiter les personnes malades. Ce n’était pas toujours facile, mais nous étions là. Nous avons appris le respect devant un malade, qu’il y a des endroits pour s’amuser et des endroits pour mettre le respect en première ligne. Puisque nous faisions partie de la chorale de la paroisse, certains malades chantaient avec nous. Nous présentions un spectacle de fin d’année. La grande différence avec le même genre d’organisation, c’est que nous n’avions pas un adulte qui venait prendre le crédit pour nos actes. Nous gérions notre affaire nous-mêmes et quand on a arrêté, on a présenté un concert d’adieu.

Source : LaMetropole.com

SANDRA PARÉ

ÉDITIONS LA SEMAINE

Quel bel article, Mme Sandra, qui nous ramène aux valeurs fondamentales en matière de soins. Votre article tombe à point pendant que je veille au chevet de mon père mourant, tout en prenant mes ''vacances'' de mon rôle de professionnelle de la santé (qui est mon emploi à plein temps).

Continuez de nous écrire et de nous rappeler nos racines et nos fondements. Cela nous fait le plus grand bien. Je vous lis toujours avec grande attention. Merci.

Sophie B. - 6 août 2012
Voici ce que ton article m’a inspiré.
Peut importe du côté où on est, chacun tire sur sa propre couverture. On a une clientèle de plus en plus exigeante, informée et multiculturelle. On a de l’autre côté une main-d’œuvre fatiguée, en manque de personnelle, de ressource et couteuse. Que voulez-vous dans une société ou c’est chacun pour soi. Effectivement, vous ne voulez pas savoir le cout d’un patient à l’hôpital mais vous savez l’impôt que vous payez et la facture est salée. Fini les années où nos bonnes sœurs travaillaient par vocation. Fini le bénévolat fait avec cœur. Alors, si je fais un constat et que je me demande à qui la faute ? Peut-être devrions-nous tous briser nos miroirs et arrêter de dire que la faute est celle des autres....

suzanne B. - 7 août 2012

Il faudrait soumettre un projet politique pour conscientiser ceux qui abusent du système de santé. Ce serait peut-être un début de solution pour améliorer le service envers les malades... je parle de ceux qui en ont véritablement besoin. d
De la pub télé, dans tous les médias. Même si un petit nombre seulement se réveillait, il faut commencer quelque part. Ça donnerait un mandat que beaucoup appuieraient!!! Moi, la première...
Un excellent article, plein de sagesse.
Merci!

Lolita Leblanc - 7 août 2012
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