Vendredi, 10 février 2012

XAVIER, DE JEAN COUTU À L.A.

Il ne devait avoir que huit ou neuf ans quand j’ai rencontré le jeune Xavier. Je travaillais comme relationniste pour son père, Manuel Tadros, qui était porte-parole pour un événement d’art martiaux à Trois-Rivières.

 
J’ai souvent parlé de ce petit garçon à mes clients et à mes amis. En parler me permettrait d’affirmer à certaines personnes que dans la vie, il faut certes rêver, mais pour atteindre son rêve, il faut en être persuadé. Je vous annonce que le rêve de cet enfant est présentement en train de se réaliser. Je me dois maintenant de vous partager cet événement grandiose! Xavier était tout petit, blond et coquin. Vous vous rappellerez certainement de lui, si je vous dis qu’il était le petit garçon qui faisait damner sa grande sœur dans des commerciaux télé des pharmacies Jean Coutu.

En ce temps là, on lui aurait tous donné un coup de pied aux fesses. Eh bien aujourd’hui, c’est nous qui en mangeons tout un. Laissez-moi vous raconter…

Nous marchions, Xavier et moi, dans les couloirs de cet aréna de Trois-Rivières et les enfants le suivaient, sans toutefois lui parler. Ils reconnaissaient le jeune garçon qu’on voyait régulièrement dans les pubs télé des pharmacies Jean Coutu. Ces enfants qui le suivaient étaient comme la plupart des enfants de moins de 12 ans, entre impressionnés et innocents devant un enfant vedette. Xavier, lui, ne regardait presque jamais de côté. Il ne parlait qu’avec moi et nous riions beaucoup ensemble. Tout à coup j’arrête et je lui pose la question : «Ça ne te dérange pas que les autres enfants ne fassent que te regarder, sans te parler?» Il m’a répondu : «Non, je suis habitué, je ne suis pas un enfant comme les autres».

Nous avons continué à marcher en réfléchissant et j’ai dû me séparer de lui pour vaquer à mes activités de relationniste de presse. Plus tard, dans la journée, il est revenu me voir et m’a affirmé simplement : «Sandra, j’ai menti. J’aimerais que les autres me parlent, même s’ils me voient à la télé». Et ensuite il a tout simplement ajouté :  «Un jour, Sandra, je vais aller à Los Angeles et les gens vont me reconnaître sur la rue». Je l’ai encouragé et nous sommes repartis ensemble et suite à cela, je lui ai présenté les autres enfants. Ils ont, à mon grand bonheur et à celui de Xavier, joué et couru ensemble le reste de la journée.

Je vous le jure. Cette expérience, je l’ai racontée et racontée encore, sans savoir si le petit réussirait. Mais chose certaine, les étoiles dans ses yeux valaient des millions. Je suis tellement heureuse de lui avoir répondu la phrase suivante : « Je te le souhaite, Xavier, et je crois vraiment que tu réussiras à ce que tout le monde te reconnaisse à Los Angeles et même partout dans le monde!» Ce petit garçon, c’est Xavier Dolan, le réalisateur-producteur. Et oui, maintenant, lorsqu’il va à Los Angeles, les gens le reconnaissent. Pas juste à L.A, mais aussi à Paris, à Cannes et, bien sûr, chez nous. Ce petit garçon a grandi physiquement mais dans sa tête, rien n’a changé, car petit, il était déjà très grand.



Pas toujours facile à vivre, quand on n’est pas un enfant comme les autres. Mais quand on l’accepte, ça va déjà mieux. Était-ce pour lui une façon de se convaincre qu’il y arriverait ou un simple espoir qu’il m’avait partagé? Malgré son jeune âge, il se voyait déjà aux Oscar, un peu comme Céline Dion lorsqu’elle était jeune. Car Céline aussi, toute jeune, se voyait sur les tapis rouges du monde entier. Que dit-on quand son enfant nous dit : «Un jour, maman, je vais passer à Oprah!»  On rit, on l’encourage ou on lui répond bêtement : «Ben voyons. Qu’est-ce que tu irais faire là?»

Aujourd’hui je côtoie un autre enfant qui n’est pas comme les autres. Ma fille. Kassandra a choisi d’écrire comme moi. Sa plus grande joie est vraiment ce blogue, qu’elle écrit chaque semaine sur le site de LaMétropole.com. Un jour dentiste, un jour journaliste, elle ne sait-pas ce qu’elle désire encore. J’aimerais tant qu’elle soit branchée comme l’était Xavier à son âge. Mon enfant a des rêves, mais trop souvent elle les enfouis au fond d’elle même. Je ne finis pas de pelleter pour les remettre en surface. Elle a peur d’avoir peur, comme ont dit.  Ma fille essaie d’être ordinaire pour plaire aux gens qui l’entourent, mais elle finit toujours par faire suer une copine et la jalousie s’installe.



Elle a quelque chose que les autres n’ont pas, comme Xavier avait quand je l’ai rencontré. Chose certaine, elle a beau essayer d’être ordinaire, elle n’y réussit pas! Mais qu’est-ce qu’être ordinaire aujourd’hui? Xavier aussi était un petit garçon ordinaire qui aimait jouer et rire avec les autres, sauf que lui ne se voyait pas comme les autres et d’après moi, c’est tout ce qui compte! Peu importe notre âge, si nous sommes extraordinaires, pourquoi essayer de faire «comme les autres»? Julia Roberts disait dans une entrevue : « Je suis juste une personne ordinaire, avec un métier extraordinaire». Non Julia, tu n’étais pas et ne sera jamais ordinaire. Tu es la sœur de l’acteur Éric Roberts et tu savais que tu jouerais toi aussi au cinéma et ça, tu l’as toujours su.



Quand on naît entouré de personnes publiques qui réussissent assez bien dans la vie, il est difficile de ne pas avoir envie de faire pareil. Je me rappellerai toujours du jour où ma fille m’a dit : «Maman, ce n’est pas facile de vivre avec du monde parfait»! Étais-ce ainsi qu’elle nous voyait? Nous la perfection et elle… l’imperfection? «Allez Kassou, relève la tête, dans peu de temps tu deviendras parfaite comme moi», lui  dis-je en riant. Non mais je n’étais pas pour lui dire : «Ben non ma chouette, on est tous des gens ordinaire»! Toute sa vie ma mère a essayé de me dire que nous étions nés pour un petit pain.

Je n’ai jamais acheté cette idée. Le petit pain, ça tue. Ça éteint les bonnes idées, ça empêche d’avancer le monde! Non. Nous ne sommes pas nés pour un petit pain. On veut la boulangerie au complet! Je ne peux comprendre ceux qui interdisent à ma fille de rêver et qui lui disent bêtement : «Pourquoi t’écris un blogue? Contente-toi donc d’être bonne à l’école» ou «Pourquoi ne veux-tu pas être comme les autres jeunes de ton âge?» Savez-vous quoi? Votre petit pain, vous pouvez bien vous le mettre où je pense! Laissez ma fille avoir de grands rêves et si les déceptions arrivent, elle aura au moins eu le droit de rêver.

Kassandra, ça ne dérange pas d’avoir des rêves grandioses, comme ça n’a pas dérangé Xavier non plus. Imaginez si j’avais osé dire à Xavier Dolan qu’il devait être comme les autres garçons. Savez-vous quoi? Je n’aurais même pas réussi à le convaincre. Quand la passion est là, elle brûle et ce qui brûle, ça fait peur à beaucoup de monde. Mais la peur nous empêche de respirer, elle nous étouffe, elle brûle le pain. Rappelons-nous que nul autre que Steven Spielberg attend aujourd’hui son tour pour rencontrer ce petit rêveur, qui m’a dit : «Un jour, Sandra, je vais aller à Los Angeles et les gens vont me reconnaître sur la rue».

J’aimerais dire à tous nos petits et grands rêveurs du Québec qui prennent des cours d’art dramatique, de danse, de chant ou à tous ceux qui font partie des équipes de hockey, de basketball : «Ne laissez personne vous détourner de votre rêve». À leurs parents et amis, je demande ceci. «Essayez-vous de servir du p’tit pain à quelqu’un qui a confiance en vous?» Devenez plutôt la farine et l’eau de l’artisan qui nourrira l’imaginaire de toute une population, comme le fait Xavier Dolan, le réalisateur de renommée mondiale.

Source : LaMetropole.com

XAVIER DOLAN

SANDRA PARÉ

ÉDITIONS LA SEMAINE
J'ai tué ma mère - Bande annonce
Les amours imaginaires - Bande-annonce
Une seul mot...WOW!
Robert - 10 février 2012
Hey San, c'est tout un article ça! J'espère que Xavier l'appréciera!
Suzanne - 10 février 2012
Mme Paré, votre article est rempli d'amour et de respect pour les gens qui y sont cités (incluant votre belle Cassandra). Merci
Cynthia - 10 février 2012
Il suffit d'avoir un rêve!!
Léa - 10 février 2012
salut petite soeur avec de grands reves continue tu es sur la bonne voie il suffit de rever aux bonnes choses et avec beaucoup de determination ca va arriver tot ou tard félicitation a Kassandra j*aime bien son blog
Michel - 10 février 2012
Madame Paré,

Ces enfants qui rêvent ont heureusement des parents qui les stimulent, qui leur offre la possibilité de vivre plusieurs expériences toutes aussi enrichissantes les unes que les autres.
Votre propre profil a attendu une bonne trentaine d'années avant de voir votre rêve de bienséance se réaliser par vos livres sur le Savoir-Vivre aux éditions La Semaine.
J'attends avec impatience la sortie du 3e ouvrage sur le budget.
M.le Directeur
M.le directeur - 10 février 2012
Madame, je viens de commenter le Blogue de votre fille ete j'apprécie tout autant le vôtre. Vous êtes criante de vérité. Il faut d'abord avoir un rêve, pour qu'il puisse se réaliser!
Ex prof - 10 février 2012
Vrai... vrai... et très vrai!!!!!
L'exemple de celle qui regarde en avant, qui avance vers son rêve et surtout qui encourage les autres à s'accrocher au leur est du Sandra pré tout craché!!!!
Donc, la petite a de qui tenir.
Kassandra est une jeune fill estrêmement brillante, allumée et attachante. Elle est différente et c'est ce qui fait son charme. Pourquoi vouloir l'éteindre alorsd qu'elle brille de mille feux.
Écoute ta mère ma belle, un jour les gens diront: j'aurais aimé que mes parents m'encouragent comme la maman de Kassandra Paré.
Le rôle d'un parent, le rôle des adultes pour accroître la passion chez nos jeunes!
Merci pour ce texte.
L. Leblanc
Lolita leblanc - 10 février 2012
Aller à fond dans ce qui nous inspire, travailler à réaliser nos rêves sont les moteurs et le coeur de la vie qui font de nous des personnes heureuses qui peuvent à leur tout semer la joie et la sérénité. Et ce sont ces belles valeurs qui vont nous aider à affronter tout ce que vie nous présente.
Tu as raison Sandra et Kassandra est très stimulante et douée! Bravo à toutes les deux!
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Devine? - 10 février 2012
Quelle réflexion stimulante ! Oui ! Il en faut des rêves, des projets, des buts... Il faut d'abord croire en soi, en ses possibilités... Du moment où l'on trouve notre véritable raison d'être, on le ressent profondément et tout se mobilise autour de nous pour nous permettre de la réaliser !!!
Assumons notre unicité !
Christiane - 11 février 2012
On aimerait bien un petit commentaire de l'enfant roi! Que celui qui se sent visé se lève!
bob - 11 février 2012
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